Le K

Dans le cadre du Challenge Mai en nouvelles, je me suis tournée vers Le K de Dino Buzzati. Il faut dire que cela faisait quelques années déjà que je me promettais de découvrir le recueil dans son entièreté après avoir lu la nouvelle Le K pour un cours lorsque j’étais encore ado.

Me plonger dans ce recueil de nouvelles fut une toute autre expérience qu’avec ma lecture précédente. Dès les premières lignes, j’ai été littéralement happée par les histoires. Malgré leur longueur limitée (quelques pages, pas plus), la cinquantaine de nouvelles regroupées dans ce petit livre m’ont énormément plus.

Et pourtant, moi qui n’ai pas l’habitude de lire du fantastique, je ne croyais pas autant accrocher. J’ai adoré les touches d’irréel dans les histoires. J’ai trouvé que cela leur donnait plus de force, de puissance, voire de sens, bizarrement. Après, d’autres nouvelles étaient complètement plongées dans un monde fantastique et, à l’inverse des autres, ce sont des petits clins d’œil de la vie réelle qui s’y accrochaient.

La plume de Dino Buzzati m’a transportée d’un conte à l’autre. Car, à mes yeux, ces petites histoires ressemblaient pour la plupart à des contes aux thèmes variés, traitant de l’Homme, de la société, de la guerre et de la paix, de la recherche du bonheur et de la gloire, … On y croise de grands personnages : Gustave Eiffel, les Kennedy ou encore Hitler. L’auteur lui-même figure dans les nouvelles ! Il apparait d’ailleurs dans la dernière, plus longue d’une dizaine de pages, où il découvre l’enfer. Loin des images tant décrites d’un lieu en feu et en sang avec des diables à chaque coin de rues, Dino Buzzati présente une toute autre version qui mérite d’être lue… Tout comme le reste de ses récits, soit dit en passant. Bref, ce livre se savoure comme l’on goûterait à une sucrerie dont on a rarement l’occasion de tenir en main.

Challenge Mai en nouvelles
Challenge Tour du monde littéraire : Italie

Le K
Dino Buzzati (1906-1972)
Pocket 2006 – 412 pages
Première publication en 1966
Traduit de l’italien par Jacqueline Remillet
Titre original : l colombre

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Un Combat et autres récits

Comme beaucoup, je ne connaissais de Patrick Süskind que Le Parfum. Ce petit recueil de nouvelles a donc attisé ma curiosité lorsque nos routes se sont croisées. Ni une ni deux, le voilà ajouté à ma PAL. Il a fallu la mise en place du challenge Mai en nouvelles pour que je l’en ressorte. Ce challenge proposant de lire des nouvelles était l’occasion parfaite !

Et pourtant… Un mois après ma lecture, je n’en garde rien. Quelques fragments me restent en tête mais rien de plus. Il faut dire que j’ai trouvé le ton plat et les thèmes abordés peu intéressants. Dans la première nouvelle, une jeune artiste part en quête de profondeur. Désespérée, cette femme pourtant à l’avenir prometteur, va se laisser sombrer par la seule faute d’un critique d’art qui fut, justement, un peu trop critique à son égard… La deuxième histoire proposée n’est autre que « Le Combat », le gros titre du recueil. Nous y faisons la connaissance d’un joueur d’échecs hors pair se faisant défier par un jeune téméraire. Peut-être trop même… Dans la troisième nouvelle, nous lisons les derniers mots du maître Mussard qui raconte le mal qui le ronge. Finalement, dans la dernière histoire, Patrick Süskind décrit un jeune homme dans la trentaine, incapable de se souvenir de ses lectures passées…

Je n’irai pas plus loin dans les résumés, au risque de vous dévoiler toute l’intrigue. Il faut dire que les nouvelles sont très courtes (comment ça, c’est le principe ?). Peut-être que j’aurai plus accroché si les récits étaient plus étoffés ? En tout cas, ce petit livre fut une grosse déception.

L’avez-vous lu ? Ou un autre livre de Patrick Süskind, autre que son célèbre Le Parfum ?

 

Challenge Mai en nouvelles
Challenge Tour du monde littéraire : Allemagne

Le Combat et autres récits
Patrick Süskind (1949)
Le Livre de Poche 2009 – 87 pages
Première publication en français en 1996
Traduit de l’allemand par Bernard Lortholary
Titre original : Drei Geschichten und eine Betrachtung

L’élégance du hérisson

«  (…) c’est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n’est plus le même. »

Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais avec ce roman. Il faut dire que je me posais mille questions au début… Suis-je tombée sur une critique de la société ? Les riches contre les pauvres, les pauvres contre les riches ? Le ton est incisif à maintes reprises, que cela soit de la part de Renée la concierge ou de Paloma l’ado riche. Je ne savais pas trop comment aborder ces deux personnages principaux… Et puis, il y a l’écriture, un vocabulaire recherché (trop même), des mots compliqués par-ci par-là. C’était un peu déstabilisant. Un dictionnaire n’aurait pas été de refus par moments. Est-ce un fait exprès ? Pour montrer combien les deux protagonistes aiment la langue française ?

Car si tout semble séparer les deux héroïnes, elles ont pourtant de nombreux points communs (en plus de critiquer un peu tout ce qui leur tombe sur la main) : elles adorent la grammaire, les belles tournures de phrases, les beaux mots.
Renée n’est pourtant « que » une concierge. 54 ans, veuve depuis une quinzaine d’années, possède un chat nommé Léon (comme Tolstoï). Malgré son statut de pauvre dans cet immeuble de riches, elle est dotée d’une curiosité et d’une intelligence que nul ne pourrait déceler. Et cela du fait qu’elle fasse tout pour paraitre idiote aux yeux de ses riches employeurs.
Quant à Paloma, c’est une adolescente de douze ans et demi vivant dans le même immeuble que Renée. Dotée d’un QI très élevé, elle essaye de ne pas trop montrer son intelligence à tout bout de champ (même si cela ne l’empêche pas d’être la première de classe). Ce qui l’insupporte le plus ? Sa sœur Colombe et ses parents, aux airs et actions futiles. Avec son œil vif, ses remarques acerbes, elle n’hésite pas à porter des réflexions critiques sur tout et n’importe quoi, mais toujours dans le plus grand secret, bien gardé par son journal.

Contre toute attente, ce livre fut une vraie claque. Il nous fait prendre conscience (du moins, c’est ce que j’ai ressenti à la seconde où je l‘ai définitivement fermé) que se cacher derrière des stéréotypes, des façades toutes faites qui confortent Monsieur et Madame Tout-le-Monde, n’est pas la meilleure idée qui soit. Si on veut profiter de la vie, il faut avant tout rester tel que l’on est et ne pas hésiter à prendre la main de celui ou celle qui vous la tend, même si tout mène à croire que ce n’est pas une bonne idée (car il y a une différence de portefeuille, d’âge etc).
C’est un hymne à l’amitié, à l’amour de la langue française, au cinéma, au thé au jasmin, à Tolstoï, au Japon… Un roman bouleversant si on ose s’y plonger entièrement.

 

Challenge des Douze Thèmes – Mai : lire un livre avec une fleur dans le titre ou sur la couverture.

Challenge Tour du Monde littéraire : France.

L’élégance du hérisson
Muriel Barbery (1969)
Folio 2009 – 410 pages
Première publication en 2006

Le Tour du Monde en 80 jours

Quand le mois d’avril est arrivé et que le choix de ma lecture pour le Challenge des Douze Thèmes se faisait pressant, tous les classiques de ma PAL me criaient de les lire. Or, vu ma vitesse de croisière, il était tout bonnement impossible de lire ne fusse la moitié d’entre eux ! C’est donc en manque de voyages que je suis partie faire le tour du monde en 80 jours…

Nous sommes à Londres, au XIXe siècle, et suivons Mr Fogg, un personnage assez étrange. En effet, dès les premières pages, on se rend compte qu’il n’est pas comme les autres gentlemen. Il vit une vie sans rebondissement. Chaque journée ressemble comme deux gouttes d’eau aux précédentes. Ce train de vie qui semblerait ennuyeux pour tout un chacun convient pourtant tout à fait à cet homme très « carré ». Et pourtant, au détour d’une conversation avec ses collègues du Reform Club, ses habitudes vont se retrouver bouleversées. Quelques phrases échangées, des avis divergents, et voilà qu’un pari est donné sur un coup de tête : 20.000 livres qu’il est impossible de faire le tour du monde en 80 jours ! Et ce pari, Phileas Fogg l’accepte. Ainsi commence une aventure extraordinaire autour du globe.

J’ai été plus qu’agréablement surprise par la plume de Jules Verne. On avait beau m’en parler qu’en bien, je ne sais pourquoi, j’ai toujours gardé une certaine appréhension envers lui. Et si  je n’aimais pas ? Au final, j’ai été conquise dès les premières pages par son écriture fluide et directe. Ses descriptions m’ont fait rêver du début à la fin.

Suivre les deux compères, Mr Fogg et son serviteur Passepartout fut un vrai bonheur. J’ai aimé les voir évoluer : Mr Fogg égal à lui-même, impénétrable et froid mais aussi courageux et fidèle ; Passepartout, curieux, bavard et qui n’a, lui aussi, pas froid aux yeux. Je partageais les inquiétudes de ce dernier : va-t-on faire réellement le tour du monde ? 80 jours seront-il suffisants ? A l’époque où l’avion n’existait pas encore, cela me semblait fantastique de pouvoir faire le tour du monde en si peu de temps. L’auront-ils réussi ou pas après toutes les péripéties, tous les hasards et imprévus qui ont croisés leur chemin ? Ça, je ne le dévoilerai pas.

Je terminerai par dire que ce fut une magnifique découverte. J’ai hâte de pouvoir découvrir les autres œuvres de Jules Verne. Entre temps, vous me retrouverez en Inde, à Hong Kong, au Japon ou en Amérique…

Lu dans le cadre du Challenge des Douze Thèmes – Avril : lire un classique.

Le Tour du monde en 80 jours
Jules Verne (1828 – 1905)
Folio 2004 – 335 pages
Première publication en 1872

L’assassin habite au 21

Comme première lecture au Challenge des auteurs belges, j’ai décidé de me plonger dans « L’assassin habite au 21 » de Stanislas-André Steeman. Je connaissais pourtant déjà cette histoire. En effet, dans le cadre scolaire, j’avais eu l’occasion de voir une pièce de théâtre adaptée du livre. Mais après 10 ans, la mémoire de poisson rouge dont je suis dotée a eu le temps de faire effet et voilà que j’étais prête à mener une seconde fois l’enquête !

Nous nous retrouvons à Londres où un certain Mr Smith sévit dans les ruelles plongées dans le brouillard. Personne ne doute de son identité. Et même lorsqu’un témoin affirme que l’assassin habite au 21 Russel Square, ce dernier reste introuvable. Il faut savoir qu’à cette adresse se trouve non pas une maison, mais une pension familiale. Lequel des pensionnaires est le meurtrier tant recherché ? Les doutes vont de l’un à l’autre sans jamais être confirmés. La police tourne littéralement en rond (et moi aussi !). Et, pendant ce temps-là, Mr Smith continue de tuer…

Bien que j’aie rencontré quelques difficultés pour rentrer dans l’histoire (sûrement dû aux nombreux personnages que l’on rencontre dès les premières pages), je me suis mise à dévorer ce petit livre dès que la police commençait à être sur la piste de suspects plus concrets. Autant dire que je me suis longtemps triturée les méninges avant de découvrir la vérité sur l’identité de Mr Smith.

Je conseille donc ce roman policier, un classique qui se lit rapidement mais qui reste un casse-tête à lui seul !

 

Lu dans le cadre du Challenge des auteurs belges.

L’assassin habite au 21
Stanislas-André Steeman (1908 – 1970)
Le Livre de Poche 2008 –  187 pages
Première publication en 1939