Mutilée

Mutilée est  l’histoire de Khady, un témoignage fort, authentique et modeste d’une enfant devenue trop rapidement une adulte.

À 7 ans, cette Sénégalaise se fait exciser par la forgeronne du village, ainsi que ses sœurs et cousines venues de Dakar pour les vacances. Traumatisée, dans l’incompréhension face à cette mutilation opérée à vif sans autre explication que d’être « purifiée », Khady aura besoin de quelques années pour comprendre ce qu’elle a subi, ce qu’on lui a enlevé et à quoi cela servait.
À 13 ans et demi, Khady se voit demandée en mariage par un cousin de 20 ans son ainé. Cette union arrangée réveillera une douleur atroce, autant physique que psychologique, la ramenant quelques années en arrière, le jour de son excision… Son mari vivant en France, elle s’en va le retrouver dans un immeuble parisien où vivent principalement des immigrés. À 16 ans, Khady vit désormais à Paris, loin de sa famille, mariée et bientôt mère pour la première fois… Nous sommes en 1976. Des grossesses suivront, très rapprochées, conséquence de nuits passées avec son mari à « faire la planche en bois » mais aussi, elle le comprendra plus tard, au souhait de ce dernier à percevoir plus d’allocations familiales…
Khady se retrouve dans une vie qu’elle n’a pas voulue, tiraillée entre le bien-être de ses enfants et son besoin de partir loin de leur père qu’elle n’a jamais aimé et dont les idées archaïques la cloisonne au statut de poule pondeuse qui cuisine et fait le ménage.

Heureusement, Khady a grandi dans une famille aux idées plus larges. On apprend d’ailleurs qu’au Sénégal, il n’y a aucun problème à voir les femmes et mères travailler pour ramener de l’argent à la famille. La mentalité des Africains d’Afrique et des immigrés semble très différente. Les premiers sont ouverts d’esprit et évoluent dans leur temps alors que les derniers se montrent possessifs et veulent montrer que c’est l’homme qui fait la loi.
En plus du soutien de sa famille, Khady peut compter sur deux armes redoutables : son éducation (elle a été scolarisée jusqu’à ses 12 ans et sait lire et écrire en français, contrairement à de nombreux immigrés en France) et son caractère bien trempé.
Autant dire que son rythme de vie et sa personnalité ne coïncidaient pas du tout. Et, par la force inouïe qui sommeille en elle, elle a réussi à sortir de ce mariage arrangé qui ne lui convenait pas et à se battre contre l’excision, pratique dont la France apprenait seulement l’existence en 1982, à la mort d’une petite malienne.

Je vous passe les détails sur comment se passe l’excision. Je vous invite plutôt à vous procurer d’urgence ce livre et à vous informer sur internet. Ce que l’on sait, c’est qu’il existe plusieurs formes différentes d’excision et qu’il est prouvé qu’il n’y a aucune origine religieuse comme certains ont pu l’affirmer. Rien n’en fait mention dans le Coran. Par ailleurs, toutes les ethnies d’Afrique, d’Asie et d’ailleurs ne la pratiquent pas, considérant déjà cet acte comme barbare il y a bien des années. Ce qu’il faut retenir si, toi, cher lecteur, tu n’avais jamais entendu parler de l’excision, c’est qu’il ne s’agit pas d’un problème d’ « ailleurs ». Ces mutilations ont lieu aussi en France et ailleurs en Europe ! Et je parle bien au présent et non au passé car, bien que le combat pour une meilleure information sur cette pratique et son interdiction ait débuté il y a des dizaines d’années, il n’a malheureusement pas encore pris fin. J’ai d’ailleurs pris connaissance de ce qu’était l’excision alors que j’étais ado, il y a 6-7 ans environ, via une campagne d’Amnesty International, preuve que le combat n’est pas terminé.

Je tiens à remercier Khady Koita pour ce témoignage dur mais tellement nécessaire. Raconter sa vie ainsi, mettre à jour des souffrances cachées demande énormément de courage et je l’admire pour cette force, cette détermination et ce combat qui l’habitent depuis tant d’années. Continue de marcher, Khady, surtout ne t’arrête pas…

Challenge Autour du monde, elles écrivent – Un été en Afrique et au Moyen-Orient : écrivaines d’Afrique jusqu’à la Péninsule arabique + Autobiographie

Challenge des douze thèmes  – Août : un livre dont l’action se situe en Afrique

Challenge Tour du monde littéraire : Sénégal

Mini Bingo – Spécial Voyage : Afrique

 

Mutilée
Khady Koita (1959)
Pocket 2006 – 210 pages
Première publication en 2005
ISBN : 2-266-16194-6 / 978-2266-161947

Publicités

Sept pierres pour la femme adultère

Ce petit roman est une belle découverte. Trois destins y sont racontés. Trois femmes qui deviendront amies, s’entraideront et se soutiendront malgré leurs origines et aspirations différentes. Il y a la Française : abandonnée par son amant et son chat qui suit une mission humanitaire dans un pays du Sud, « Khouf », sorti tout droit de l’imagination de Vénus Khoury-Ghata; Noor : mère de trois enfants quittée par son mari et violée par un étranger; et Amina : une vieille fille qui lit le destin des villageois dans le marc de café.

On découvre des traditions dépassées, des propos archaïques, des actes insensés, une image de la femme pitoyable. Il est question de lapidation, de tuer une femme enceinte, du déchirement entre survie et respect des lois religieuses qui ont toujours été. Les femmes présentées ici sont fragiles mais montrent, chacune à leur manière, une force intérieure magnifique.
En tant que lectrice ayant grandi en Europe, il m’a été dur de lire certains passages sans être révoltée… Non, je ne suis pas d’accord, une femme n’existe pas que pour procréer. Non, une femme n’est pas faite pour rester entre quatre murs. Non, une femme ne peut tolérer que l’on abuse d’elle ni que ce soit elle qui en soit punie et non son agresseur. Oui, une femme peut partir, prendre des décisions par elle-même et vivre sa vie comme elle l’entend sans avoir besoin de l’accord de son père, frère ou mari. Personne ne devrait avoir de droits sur une femme sinon elle-même. La féministe qui est en moi s’est quelque peu réveillée au cours de cette lecture, il faut l’avouer…

On ne dirait pas ainsi, au premier abord, mais ce livre m’a tenue en haleine du début à la fin. Je voulais savoir ce qu’il adviendrait de ces trois femmes dont rien ne présageait l’amitié. En plus de l’attachement pour les personnages, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Vénus Khoury-Ghata. Fluide et concise, elle surprend avec l’utilisation du « tu » au lieu des perpétuels « je » ou « il/elle ». Un autre détail original qui m’aura convaincue. C’est dit, ce roman est le premier de cette autrice, mais pas le dernier !

 

Challenge Autour du monde, elles écrivent – Un été en Afrique et au Moyen-Orient : écrivaines d’Afrique jusqu’à la Péninsule arabique

Challenge Tour du monde littéraire : Liban
Vénus Khoury-Ghata est d’origine libanaise

Mini Bingo – Spécial Voyage : catégorie Joker

Sept pierres pour la femme adultère
Vénus Khoury-Ghata (1937)
Folio 2009 – 236 pages
Première publication en 2007
ISBN : 978-2-07-035691-7

Le labyrinthe des esprits

« Une histoire n’a ni commencement ni fin, seulement des portes d’entrées. » (p.828)

Près de 10 ans après avoir découvert L’Ombre du Vent, premier tome de la saga du Cimetière des Livres oubliés, je retrouve enfin Carlos Ruiz Zafón et sa plume envoutante. J’attendais avec impatience ce quatrième et dernier tome dont m’avait tant parlé une amie espagnole qui a eu la chance de le lire il y a deux ans déjà. Il faut savoir que, pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai tout lu de cet auteur. Dès qu’un de ses romans sortait en français, je courais à la librairie l’acheter, et celui-ci n’a pas fait exception à la règle.

On fait la rencontre d’Alicia Gris, une jeune femme belle, impitoyable et fragile à la fois. Elle quitte Madrid pour Barcelone, dernier endroit où l’on a trouvé la trace d’un ministre haut placé, disparu dans des circonstances troublantes. La jeune et ténébreuse se fait aidée par Vargas dans son enquête, un policier costaud qui n’attend qu’une chose : la retraite. Ce duo improbable va remonter les ficelles du mystère planant sur la disparition du ministre et découvriront des choses dont ils n’auraient pu imaginer l’existence… Des informations que certains aimeraient garder secrets à tout prix. Mais qui est derrière tout ça ?

Mystères, secrets, filatures, énigmes, une enquête qui dévoile le vrai visage des protagonistes, voilà de quoi sont principalement composées les 800 pages de ce beau pavé. A cela s’ajoute bien sûr la famille Sempere avec Daniel que l’on retrouve plus âgé, père et empli d’une profonde tristesse et mélancolie. Ses fantômes le poursuivent plus que jamais, alimentant une colère noire que même Béa, sa femme, n’arrive à atténuer. On retrouve aussi le Cimetière des livres oubliés, ses étagères à n’en plus finir, son odeur particulière et la magie qui embaume chacun de ses rayons.

En fermant ce bouquin, on dit adieu à cet endroit majestueux et à cette famille de libraires à laquelle on s’est attaché durant toutes ces années. Les questions laissées sans réponse dans les livres précédents trouvent ici leurs réponses. Des liens à peine perceptibles auparavant se confirment. Au final, chaque personnage est lié l’un à l’autre. Le destin existerait-il réellement ? En tout cas, cette lecture m’a donnée envie de relire les 3 premiers tomes, histoire de me remettre en tête toutes les aventures de la famille Sempere et de leurs proches. Le seul bémol que j’aurai à signaler réside dans les nombreuses coquilles trouvées ci et là. Pour la perfectionniste que je suis (mais cela n’empêche pas que je fasse des fautes de frappes moi aussi), j’ai tiqué à plusieurs reprises en voyant qu’il manquait une lettre ou un accent à certains mots. Mais cela n’a en rien altéré le plaisir de ma lecture, bien heureusement. Et je ne peux d’ailleurs que vous conseiller de vous plonger dans cette saga et tous les autres romans de Carlos Ruiz Zafón d’ailleurs !

« Rien n’effraie davantage un barbare qu’une femme sachant lire, écrire et penser. Et qui, en outre, montre ses genoux. » (p.701)

 

Challenge des 12 Thèmes – Juin : livre de plus de 500 pages

Challenge Tour du monde littéraire : Espagne

Le labyrinthe des esprits
Carlos Ruiz Zafón (1964)
Actes Sud 2018 – 845 pages
Première publication en espagnol en 2016 et en français en 2018
Traduit de l’espagnol par Marie Vila Casas
Titre original : El Laberinto de los Espíritus
ISBN : 978-2-330-10334-7

Le K

Dans le cadre du Challenge Mai en nouvelles, je me suis tournée vers Le K de Dino Buzzati. Il faut dire que cela faisait quelques années déjà que je me promettais de découvrir le recueil dans son entièreté après avoir lu la nouvelle Le K pour un cours lorsque j’étais encore ado.

Me plonger dans ce recueil de nouvelles fut une toute autre expérience qu’avec ma lecture précédente. Dès les premières lignes, j’ai été littéralement happée par les histoires. Malgré leur longueur limitée (quelques pages, pas plus), la cinquantaine de nouvelles regroupées dans ce petit livre m’ont énormément plus.

Et pourtant, moi qui n’ai pas l’habitude de lire du fantastique, je ne croyais pas autant accrocher. J’ai adoré les touches d’irréel dans les histoires. J’ai trouvé que cela leur donnait plus de force, de puissance, voire de sens, bizarrement. Après, d’autres nouvelles étaient complètement plongées dans un monde fantastique et, à l’inverse des autres, ce sont des petits clins d’œil de la vie réelle qui s’y accrochaient.

La plume de Dino Buzzati m’a transportée d’un conte à l’autre. Car, à mes yeux, ces petites histoires ressemblaient pour la plupart à des contes aux thèmes variés, traitant de l’Homme, de la société, de la guerre et de la paix, de la recherche du bonheur et de la gloire, … On y croise de grands personnages : Gustave Eiffel, les Kennedy ou encore Hitler. L’auteur lui-même figure dans les nouvelles ! Il apparait d’ailleurs dans la dernière, plus longue d’une dizaine de pages, où il découvre l’enfer. Loin des images tant décrites d’un lieu en feu et en sang avec des diables à chaque coin de rues, Dino Buzzati présente une toute autre version qui mérite d’être lue… Tout comme le reste de ses récits, soit dit en passant. Bref, ce livre se savoure comme l’on goûterait à une sucrerie dont on a rarement l’occasion de tenir en main.

Challenge Mai en nouvelles
Challenge Tour du monde littéraire : Italie

Le K
Dino Buzzati (1906-1972)
Pocket 2006 – 412 pages
Première publication en 1966
Traduit de l’italien par Jacqueline Remillet
Titre original : l colombre

Un Combat et autres récits

Comme beaucoup, je ne connaissais de Patrick Süskind que Le Parfum. Ce petit recueil de nouvelles a donc attisé ma curiosité lorsque nos routes se sont croisées. Ni une ni deux, le voilà ajouté à ma PAL. Il a fallu la mise en place du challenge Mai en nouvelles pour que je l’en ressorte. Ce challenge proposant de lire des nouvelles était l’occasion parfaite !

Et pourtant… Un mois après ma lecture, je n’en garde rien. Quelques fragments me restent en tête mais rien de plus. Il faut dire que j’ai trouvé le ton plat et les thèmes abordés peu intéressants. Dans la première nouvelle, une jeune artiste part en quête de profondeur. Désespérée, cette femme pourtant à l’avenir prometteur, va se laisser sombrer par la seule faute d’un critique d’art qui fut, justement, un peu trop critique à son égard… La deuxième histoire proposée n’est autre que « Le Combat », le gros titre du recueil. Nous y faisons la connaissance d’un joueur d’échecs hors pair se faisant défier par un jeune téméraire. Peut-être trop même… Dans la troisième nouvelle, nous lisons les derniers mots du maître Mussard qui raconte le mal qui le ronge. Finalement, dans la dernière histoire, Patrick Süskind décrit un jeune homme dans la trentaine, incapable de se souvenir de ses lectures passées…

Je n’irai pas plus loin dans les résumés, au risque de vous dévoiler toute l’intrigue. Il faut dire que les nouvelles sont très courtes (comment ça, c’est le principe ?). Peut-être que j’aurai plus accroché si les récits étaient plus étoffés ? En tout cas, ce petit livre fut une grosse déception.

L’avez-vous lu ? Ou un autre livre de Patrick Süskind, autre que son célèbre Le Parfum ?

 

Challenge Mai en nouvelles
Challenge Tour du monde littéraire : Allemagne

Le Combat et autres récits
Patrick Süskind (1949)
Le Livre de Poche 2009 – 87 pages
Première publication en français en 1996
Traduit de l’allemand par Bernard Lortholary
Titre original : Drei Geschichten und eine Betrachtung

L’élégance du hérisson

«  (…) c’est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n’est plus le même. »

Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais avec ce roman. Il faut dire que je me posais mille questions au début… Suis-je tombée sur une critique de la société ? Les riches contre les pauvres, les pauvres contre les riches ? Le ton est incisif à maintes reprises, que cela soit de la part de Renée la concierge ou de Paloma l’ado riche. Je ne savais pas trop comment aborder ces deux personnages principaux… Et puis, il y a l’écriture, un vocabulaire recherché (trop même), des mots compliqués par-ci par-là. C’était un peu déstabilisant. Un dictionnaire n’aurait pas été de refus par moments. Est-ce un fait exprès ? Pour montrer combien les deux protagonistes aiment la langue française ?

Car si tout semble séparer les deux héroïnes, elles ont pourtant de nombreux points communs (en plus de critiquer un peu tout ce qui leur tombe sur la main) : elles adorent la grammaire, les belles tournures de phrases, les beaux mots.
Renée n’est pourtant « que » une concierge. 54 ans, veuve depuis une quinzaine d’années, possède un chat nommé Léon (comme Tolstoï). Malgré son statut de pauvre dans cet immeuble de riches, elle est dotée d’une curiosité et d’une intelligence que nul ne pourrait déceler. Et cela du fait qu’elle fasse tout pour paraitre idiote aux yeux de ses riches employeurs.
Quant à Paloma, c’est une adolescente de douze ans et demi vivant dans le même immeuble que Renée. Dotée d’un QI très élevé, elle essaye de ne pas trop montrer son intelligence à tout bout de champ (même si cela ne l’empêche pas d’être la première de classe). Ce qui l’insupporte le plus ? Sa sœur Colombe et ses parents, aux airs et actions futiles. Avec son œil vif, ses remarques acerbes, elle n’hésite pas à porter des réflexions critiques sur tout et n’importe quoi, mais toujours dans le plus grand secret, bien gardé par son journal.

Contre toute attente, ce livre fut une vraie claque. Il nous fait prendre conscience (du moins, c’est ce que j’ai ressenti à la seconde où je l‘ai définitivement fermé) que se cacher derrière des stéréotypes, des façades toutes faites qui confortent Monsieur et Madame Tout-le-Monde, n’est pas la meilleure idée qui soit. Si on veut profiter de la vie, il faut avant tout rester tel que l’on est et ne pas hésiter à prendre la main de celui ou celle qui vous la tend, même si tout mène à croire que ce n’est pas une bonne idée (car il y a une différence de portefeuille, d’âge etc).
C’est un hymne à l’amitié, à l’amour de la langue française, au cinéma, au thé au jasmin, à Tolstoï, au Japon… Un roman bouleversant si on ose s’y plonger entièrement.

 

Challenge des Douze Thèmes – Mai : lire un livre avec une fleur dans le titre ou sur la couverture.

Challenge Tour du Monde littéraire : France.

L’élégance du hérisson
Muriel Barbery (1969)
Folio 2009 – 410 pages
Première publication en 2006

Le Tour du Monde en 80 jours

Quand le mois d’avril est arrivé et que le choix de ma lecture pour le Challenge des Douze Thèmes se faisait pressant, tous les classiques de ma PAL me criaient de les lire. Or, vu ma vitesse de croisière, il était tout bonnement impossible de lire ne fusse la moitié d’entre eux ! C’est donc en manque de voyages que je suis partie faire le tour du monde en 80 jours…

Nous sommes à Londres, au XIXe siècle, et suivons Mr Fogg, un personnage assez étrange. En effet, dès les premières pages, on se rend compte qu’il n’est pas comme les autres gentlemen. Il vit une vie sans rebondissement. Chaque journée ressemble comme deux gouttes d’eau aux précédentes. Ce train de vie qui semblerait ennuyeux pour tout un chacun convient pourtant tout à fait à cet homme très « carré ». Et pourtant, au détour d’une conversation avec ses collègues du Reform Club, ses habitudes vont se retrouver bouleversées. Quelques phrases échangées, des avis divergents, et voilà qu’un pari est donné sur un coup de tête : 20.000 livres qu’il est impossible de faire le tour du monde en 80 jours ! Et ce pari, Phileas Fogg l’accepte. Ainsi commence une aventure extraordinaire autour du globe.

J’ai été plus qu’agréablement surprise par la plume de Jules Verne. On avait beau m’en parler qu’en bien, je ne sais pourquoi, j’ai toujours gardé une certaine appréhension envers lui. Et si  je n’aimais pas ? Au final, j’ai été conquise dès les premières pages par son écriture fluide et directe. Ses descriptions m’ont fait rêver du début à la fin.

Suivre les deux compères, Mr Fogg et son serviteur Passepartout fut un vrai bonheur. J’ai aimé les voir évoluer : Mr Fogg égal à lui-même, impénétrable et froid mais aussi courageux et fidèle ; Passepartout, curieux, bavard et qui n’a, lui aussi, pas froid aux yeux. Je partageais les inquiétudes de ce dernier : va-t-on faire réellement le tour du monde ? 80 jours seront-il suffisants ? A l’époque où l’avion n’existait pas encore, cela me semblait fantastique de pouvoir faire le tour du monde en si peu de temps. L’auront-ils réussi ou pas après toutes les péripéties, tous les hasards et imprévus qui ont croisés leur chemin ? Ça, je ne le dévoilerai pas.

Je terminerai par dire que ce fut une magnifique découverte. J’ai hâte de pouvoir découvrir les autres œuvres de Jules Verne. Entre temps, vous me retrouverez en Inde, à Hong Kong, au Japon ou en Amérique…

Lu dans le cadre du Challenge des Douze Thèmes – Avril : lire un classique.

Le Tour du monde en 80 jours
Jules Verne (1828 – 1905)
Folio 2004 – 335 pages
Première publication en 1872