Louison et les malades de la peste

Court roman illustré, Louison est les malades de la peste n’en est pas moins intéressant. Nous suivons le quotidien de Mathilde, une riche veuve qui, en 1664, aide déjà depuis une dizaine d’années les chanoinesses de l’hôpital Notre-Dame de Lessines. Leurs journées se résument aux prières et soins apportés aux malades et pauvres blessés de la rue. Autant dire que leurs journées sont bien remplies…
Alors que par un soir d’hiver, une jeune fille est amenée à l’hôtel-Dieu à moitié morte de froid, Mathilde ressent pour elle une affection qu’elle ne comprend pas. La jeune fille, Louison, se rétablit rapidement et montre vite un grand intérêt dans les soins donnés aux malades. Qui était-elle avant d’arriver en ces lieux ? Bientôt, elle portera le voile afin de soutenir les chanoinesses dans leur travail séculaire, l’hôpital Notre-Dame à la Rose ayant été fondé en 1242.
La peste surgit à nouveau en 1665 dans la petite ville de Lessines. Un désaccord survient alors entre Louison et ses supérieures qui ne souhaitent pas accueillir les pestiférés. Louison rend son habit de religieuse avant d’aller rejoindre les médecins des villages pour leur donner un coup de main. Il faut dire qu’avec son fort caractère, ses connaissances des plantes médicinales et sa soif d’apprendre les sciences, son avenir semble tout tracé, si ce n’est qu’à l’époque, seuls les hommes pouvaient prétendre au titre de médecin.

L’histoire, sous forme de journal intime, se lit rapidement. Les illustrations d’Annick Piron ajoutent de la vie aux personnages malgré le contexte de peste et de mort. On en apprend d’ailleurs plus sur la peste, sur la douce avancée de la médecine qui n’en est qu’aux balbutiements, sur les croyances religieuses de l’époque fortement ancrées dans la société, et sur l’hôpital Notre-Dame à la Rose. Ce lieu a accueilli durant près de huit siècles les démunis et malades des environs. Il a laissé une grande empreinte dans l’histoire de ma région et, depuis sa fermeture en 1980, continue de vivre, cette fois-ci sous forme d’un musée qu’il me tarde d’aller revisiter !

Challenge des Douze Thèmes – Septembre : un livre qui met en avant sa région

Challenge des Auteurs belges

Autour du monde, elles écrivent – Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud : autrice d’Europe

 

Louison et les malades de la peste
Marianne Vanhecke
MeMograMes 2018 – 87 pages
Première publication en Belgique en 2008
Illustré par Annick Piron
ISBN : 9782930418353

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Le tour du monde sans un rond

« Nous sommes tous les navigateurs à la recherche d’un cap, que ce soit sur terre ou sur mer. N’oublie pas : ne te fie pas seulement aux instruments, écoute tes sens. »
(p. 139-140)

Après Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, Matteo Pennacchi nous raconte son tour du monde sans un rond !

On suit donc Matteo Pennacchi, un Italien qui n’en est pas à sa première expérience à l’étranger. Grâce à sa débrouillardise et son caractère jovial, il parvient à se faire aider par un nombre incalculable de personnes, gratuitement ou en échange d’une bonne lasagne maison. Le voyage se fait en camion, en train, en bateau, en auto… Nous sommes en 1998 et tout parait tellement accessible !
C’est le genre de livre qui nous donne envie de tout plaquer et de vivre la même expérience que l’auteur. Partir à la rencontre d’inconnus, passer des nuits à la belle étoile, ne jamais savoir de quoi sera fait demain.

Au-delà de la magie et des étoiles qui brillent dans les yeux à la lecture de son histoire, j’ai été un peu déçue dans le sens où ce défi de faire le tour du monde sans le sou était un peu trop programmé à mon goût. Ici, Matteo Pennacchi prévient journalistes et responsables du Guinness Book of Records de son entreprise et ne lâche pas son cahier rempli de coupures de presse parlant de son aventure. Après, avec sa carte de presse, plusieurs portes se sont ouvertes à lui. Mais le fait de programmer de A à Z son projet m’a un peu désenchantée. Je n’ai pas « vu » autant de paysages que j’espérais, les longues haltes étant rares.

Il n’en reste que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Matteo, que j’ai ri avec lui, que j’ai fait la connaissance de personnes inspirantes qui prouvent d’ailleurs que le monde n’est pas fait que de méchants. On peut encore faire confiance en l’inconnu sans avoir peur comme cela devient le cas de plus en plus aujourd’hui, bien malheureusement.

« On apprend en écoutant, en comprenant, en respectant et en appréciant les différences culturelles et mentales. »
(p. 83)

Mini Bingo – Spécial Voyage : Un livre contenant une carte du monde

« Chaque rencontre, chaque déplacement laisse des traces plus ou moins profondes, plus ou moins inconscientes, dans l’esprit du voyageur. »
(p. 14)

Le tour du monde sans un rond
Matteo Pennacchi (1971-)
Piment/France Loisirs 2002 – 242 pages
Première publication en France en 2001 (Stock)
Titre original : Il Grande Dogno… Il Giro del mondo senza un soldo in tasca
Traduit de l’italien par Claire Bonnefois
ISBN : 2-7441-5251-X

L’invisible

Besoin d’un thriller ? Je vous conseille ce roman aux pages sanglantes à souhait !

Cela faisait un petit temps que je ne m’étais pas plongée dans un polar et je ne regrette pas d’avoir donné sa chance à ce monsieur Robert Pobi, auteur canadien dont je n’avais jamais entendu parler (et oui, impossible de connaître tout le monde !).

Le héros de l’histoire n’est autre qu’un agent du FBI ultra talentueux.  Trouver un meurtrier, sa manière de faire et son motif… tout ça, il le fait les doigts dans le nez. Jake Cole est donc un personnage assez intrigant, de par sa mémoire photographique impressionnante mais aussi par son look (son corps est recouvert de tatouages). En revenant à Long Island après une trentaine d’années sans y avoir mis les pieds, il ne pensait pas que son boulot le rattraperait si vite… En effet, à peine est-il venu rendre visite à son père, un artiste peintre reconnu et à la folie naissante, qu’un double homicide a été commis dans une maison de vacances. Dépassé par les événements, le shérif de Montauk fait appel aux services de Jake Cole pour élucider ce meurtre horrible. Le spectacle est à vomir : une mère et son fils ont été dépecés vivants au millimètre près. Aucun morceau de peau ne subsiste sur leur corps décharné. Une scène de crime macabre qui n’est que la première… Qui peut faire une chose pareille ? Qu’a pu faire un enfant pour mériter un si cruel destin ? Les questions se succèdent et la pression monte. Il faut faire vite. Car en plus d’avoir un tueur en série dans la ville, cette dernière risque de disparaitre au passage d’un ouragan dont Katrina se montrerait jalouse à tous les coups.

Pour un premier roman, je l’ai trouvé excellent ! Le petit mot en bas de la couverture m’avait un peu mise sur mes gardes au début : « Le meilleur thriller depuis Les Visages ». Oui mais, problème, c’est que je m’étais ennuyée avec le roman de Jesse Kellerman… Au final, j’ai été agréablement surprise et j’ai été de suite happée dans l’histoire du début à la fin. Mise à part le point commun avec la peinture, ces deux romans n’ont, à mes yeux, rien en commun. Robert Pobi m’a désarçonnée. J’avais des doutes sur l’identité du tueur, sans vraiment vouloir y croire et regarder les indices en face. Le coup de théâtre dans les 20 dernières pages n’a donc qu’amplifié ma surprise. C’est le genre de roman qui nous oppresse et dont le suspense est omniprésent. Le genre de roman que je vous conseille de lire si vous êtes fan des thrillers.

« (…) notre esprit n’est pas conçu pour oublier, mais pour ignorer. »
(p. 50)

Challenge Tour du monde littéraire : Canada

Mini Bingo – Spécial Voyage : Amérique

L’invisible
Robert Pobi
Points 2013 – 477 pages
Première publication au Canada en 2011
Première publication en France en 2012 (Sonatine)
Titre original : Bloodman
Traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau
ISBN : 978-2757826959

Le Joueur d’échecs

Dans ce petit livre d’à peine 100 pages, nous suivons un homme dont le nom et toute autre information le concernant nous sont inconnus, si ce n’est sa grande curiosité. Près à embarquer dans un navire le conduisant de New York à Buenos Aires, en Argentine, le narrateur apprend que le champion du monde aux échecs fait également partie de l’équipage. Mais ce personnage laissera vite sa place à un second, énigmatique, qui dévoilera ses sombres secrets et une folie endormie…

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de Stefan Zweig. C’est la deuxième fois que je le lis, et la deuxième fois que je tombe sous son charme. J’avais peur de tomber sur quelque chose de barbant comme ce fût le cas avec la nouvelle « Un Combat » de Patrick Süskind. Mais aucune comparaison n’est à faire entre ces deux textes si ce n’est leur thématique commune autour des jeux d’échecs. Ici, l’auteur nous tient en haleine. Dans une première partie, nous découvrons l’histoire du champion du monde aux échecs. On se tourne ensuite vers un autre homme tout aussi doué aux échecs. Ces deux personnages au caractère opposé et au parcours de vie bien différente se feront face dans un combat d’échecs redoutable. Au final, le narrateur est rallié au second plan. Il n’est que spectateur de ce qui l’entoure, chose que j’ai rarement pu remarquer dans mes lectures passées.

Cette nouvelle se lit très vite, raison de plus pour que vous vous y plongiez si ce n’est pas déjà fait.

Challenge Tour du monde littéraire : Autriche

Mini Bingo – Spécial Voyage : Lire ailleurs que chez soi

Le joueur d’échecs
Stefan Zweig (1881-1942)
Le Livre de Poche 2005 – 95 pages
Première publication en 1943, et en 1944 en français
Titre original : Schachnovelle
Traduction révisée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent
ISBN : 978-2253057840

Déjà lu du même auteur : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

Mutilée

Mutilée est  l’histoire de Khady, un témoignage fort, authentique et modeste d’une enfant devenue trop rapidement une adulte.

À 7 ans, cette Sénégalaise se fait exciser par la forgeronne du village, ainsi que ses sœurs et cousines venues de Dakar pour les vacances. Traumatisée, dans l’incompréhension face à cette mutilation opérée à vif sans autre explication que d’être « purifiée », Khady aura besoin de quelques années pour comprendre ce qu’elle a subi, ce qu’on lui a enlevé et à quoi cela servait.
À 13 ans et demi, Khady se voit demandée en mariage par un cousin de 20 ans son ainé. Cette union arrangée réveillera une douleur atroce, autant physique que psychologique, la ramenant quelques années en arrière, le jour de son excision… Son mari vivant en France, elle s’en va le retrouver dans un immeuble parisien où vivent principalement des immigrés. À 16 ans, Khady vit désormais à Paris, loin de sa famille, mariée et bientôt mère pour la première fois… Nous sommes en 1976. Des grossesses suivront, très rapprochées, conséquence de nuits passées avec son mari à « faire la planche en bois » mais aussi, elle le comprendra plus tard, au souhait de ce dernier à percevoir plus d’allocations familiales…
Khady se retrouve dans une vie qu’elle n’a pas voulue, tiraillée entre le bien-être de ses enfants et son besoin de partir loin de leur père qu’elle n’a jamais aimé et dont les idées archaïques la cloisonne au statut de poule pondeuse qui cuisine et fait le ménage.

Heureusement, Khady a grandi dans une famille aux idées plus larges. On apprend d’ailleurs qu’au Sénégal, il n’y a aucun problème à voir les femmes et mères travailler pour ramener de l’argent à la famille. La mentalité des Africains d’Afrique et des immigrés semble très différente. Les premiers sont ouverts d’esprit et évoluent dans leur temps alors que les derniers se montrent possessifs et veulent montrer que c’est l’homme qui fait la loi.
En plus du soutien de sa famille, Khady peut compter sur deux armes redoutables : son éducation (elle a été scolarisée jusqu’à ses 12 ans et sait lire et écrire en français, contrairement à de nombreux immigrés en France) et son caractère bien trempé.
Autant dire que son rythme de vie et sa personnalité ne coïncidaient pas du tout. Et, par la force inouïe qui sommeille en elle, elle a réussi à sortir de ce mariage arrangé qui ne lui convenait pas et à se battre contre l’excision, pratique dont la France apprenait seulement l’existence en 1982, à la mort d’une petite malienne.

Je vous passe les détails sur comment se passe l’excision. Je vous invite plutôt à vous procurer d’urgence ce livre et à vous informer sur internet. Ce que l’on sait, c’est qu’il existe plusieurs formes différentes d’excision et qu’il est prouvé qu’il n’y a aucune origine religieuse comme certains ont pu l’affirmer. Rien n’en fait mention dans le Coran. Par ailleurs, toutes les ethnies d’Afrique, d’Asie et d’ailleurs ne la pratiquent pas, considérant déjà cet acte comme barbare il y a bien des années. Ce qu’il faut retenir si, toi, cher lecteur, tu n’avais jamais entendu parler de l’excision, c’est qu’il ne s’agit pas d’un problème d’ « ailleurs ». Ces mutilations ont lieu aussi en France et ailleurs en Europe ! Et je parle bien au présent et non au passé car, bien que le combat pour une meilleure information sur cette pratique et son interdiction ait débuté il y a des dizaines d’années, il n’a malheureusement pas encore pris fin. J’ai d’ailleurs pris connaissance de ce qu’était l’excision alors que j’étais ado, il y a 6-7 ans environ, via une campagne d’Amnesty International, preuve que le combat n’est pas terminé.

Je tiens à remercier Khady Koita pour ce témoignage dur mais tellement nécessaire. Raconter sa vie ainsi, mettre à jour des souffrances cachées demande énormément de courage et je l’admire pour cette force, cette détermination et ce combat qui l’habitent depuis tant d’années. Continue de marcher, Khady, surtout ne t’arrête pas…

Challenge Autour du monde, elles écrivent – Un été en Afrique et au Moyen-Orient : écrivaines d’Afrique jusqu’à la Péninsule arabique + Autobiographie

Challenge des douze thèmes  – Août : un livre dont l’action se situe en Afrique

Challenge Tour du monde littéraire : Sénégal

Mini Bingo – Spécial Voyage : Afrique

 

Mutilée
Khady Koita (1959)
Pocket 2006 – 210 pages
Première publication en 2005
ISBN : 2-266-16194-6 / 978-2266-161947

Sept pierres pour la femme adultère

Ce petit roman est une belle découverte. Trois destins y sont racontés. Trois femmes qui deviendront amies, s’entraideront et se soutiendront malgré leurs origines et aspirations différentes. Il y a la Française : abandonnée par son amant et son chat qui suit une mission humanitaire dans un pays du Sud, « Khouf », sorti tout droit de l’imagination de Vénus Khoury-Ghata; Noor : mère de trois enfants quittée par son mari et violée par un étranger; et Amina : une vieille fille qui lit le destin des villageois dans le marc de café.

On découvre des traditions dépassées, des propos archaïques, des actes insensés, une image de la femme pitoyable. Il est question de lapidation, de tuer une femme enceinte, du déchirement entre survie et respect des lois religieuses qui ont toujours été. Les femmes présentées ici sont fragiles mais montrent, chacune à leur manière, une force intérieure magnifique.
En tant que lectrice ayant grandi en Europe, il m’a été dur de lire certains passages sans être révoltée… Non, je ne suis pas d’accord, une femme n’existe pas que pour procréer. Non, une femme n’est pas faite pour rester entre quatre murs. Non, une femme ne peut tolérer que l’on abuse d’elle ni que ce soit elle qui en soit punie et non son agresseur. Oui, une femme peut partir, prendre des décisions par elle-même et vivre sa vie comme elle l’entend sans avoir besoin de l’accord de son père, frère ou mari. Personne ne devrait avoir de droits sur une femme sinon elle-même. La féministe qui est en moi s’est quelque peu réveillée au cours de cette lecture, il faut l’avouer…

On ne dirait pas ainsi, au premier abord, mais ce livre m’a tenue en haleine du début à la fin. Je voulais savoir ce qu’il adviendrait de ces trois femmes dont rien ne présageait l’amitié. En plus de l’attachement pour les personnages, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Vénus Khoury-Ghata. Fluide et concise, elle surprend avec l’utilisation du « tu » au lieu des perpétuels « je » ou « il/elle ». Un autre détail original qui m’aura convaincue. C’est dit, ce roman est le premier de cette autrice, mais pas le dernier !

 

Challenge Autour du monde, elles écrivent – Un été en Afrique et au Moyen-Orient : écrivaines d’Afrique jusqu’à la Péninsule arabique

Challenge Tour du monde littéraire : Liban
Vénus Khoury-Ghata est d’origine libanaise

Mini Bingo – Spécial Voyage : catégorie Joker

Sept pierres pour la femme adultère
Vénus Khoury-Ghata (1937)
Folio 2009 – 236 pages
Première publication en 2007
ISBN : 978-2-07-035691-7

Le labyrinthe des esprits

« Une histoire n’a ni commencement ni fin, seulement des portes d’entrées. » (p.828)

Près de 10 ans après avoir découvert L’Ombre du Vent, premier tome de la saga du Cimetière des Livres oubliés, je retrouve enfin Carlos Ruiz Zafón et sa plume envoutante. J’attendais avec impatience ce quatrième et dernier tome dont m’avait tant parlé une amie espagnole qui a eu la chance de le lire il y a deux ans déjà. Il faut savoir que, pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai tout lu de cet auteur. Dès qu’un de ses romans sortait en français, je courais à la librairie l’acheter, et celui-ci n’a pas fait exception à la règle.

On fait la rencontre d’Alicia Gris, une jeune femme belle, impitoyable et fragile à la fois. Elle quitte Madrid pour Barcelone, dernier endroit où l’on a trouvé la trace d’un ministre haut placé, disparu dans des circonstances troublantes. La jeune et ténébreuse se fait aidée par Vargas dans son enquête, un policier costaud qui n’attend qu’une chose : la retraite. Ce duo improbable va remonter les ficelles du mystère planant sur la disparition du ministre et découvriront des choses dont ils n’auraient pu imaginer l’existence… Des informations que certains aimeraient garder secrets à tout prix. Mais qui est derrière tout ça ?

Mystères, secrets, filatures, énigmes, une enquête qui dévoile le vrai visage des protagonistes, voilà de quoi sont principalement composées les 800 pages de ce beau pavé. A cela s’ajoute bien sûr la famille Sempere avec Daniel que l’on retrouve plus âgé, père et empli d’une profonde tristesse et mélancolie. Ses fantômes le poursuivent plus que jamais, alimentant une colère noire que même Béa, sa femme, n’arrive à atténuer. On retrouve aussi le Cimetière des livres oubliés, ses étagères à n’en plus finir, son odeur particulière et la magie qui embaume chacun de ses rayons.

En fermant ce bouquin, on dit adieu à cet endroit majestueux et à cette famille de libraires à laquelle on s’est attaché durant toutes ces années. Les questions laissées sans réponse dans les livres précédents trouvent ici leurs réponses. Des liens à peine perceptibles auparavant se confirment. Au final, chaque personnage est lié l’un à l’autre. Le destin existerait-il réellement ? En tout cas, cette lecture m’a donnée envie de relire les 3 premiers tomes, histoire de me remettre en tête toutes les aventures de la famille Sempere et de leurs proches. Le seul bémol que j’aurai à signaler réside dans les nombreuses coquilles trouvées ci et là. Pour la perfectionniste que je suis (mais cela n’empêche pas que je fasse des fautes de frappes moi aussi), j’ai tiqué à plusieurs reprises en voyant qu’il manquait une lettre ou un accent à certains mots. Mais cela n’a en rien altéré le plaisir de ma lecture, bien heureusement. Et je ne peux d’ailleurs que vous conseiller de vous plonger dans cette saga et tous les autres romans de Carlos Ruiz Zafón d’ailleurs !

« Rien n’effraie davantage un barbare qu’une femme sachant lire, écrire et penser. Et qui, en outre, montre ses genoux. » (p.701)

 

Challenge des 12 Thèmes – Juin : livre de plus de 500 pages

Challenge Tour du monde littéraire : Espagne

Le labyrinthe des esprits
Carlos Ruiz Zafón (1964)
Actes Sud 2018 – 845 pages
Première publication en espagnol en 2016 et en français en 2018
Traduit de l’espagnol par Marie Vila Casas
Titre original : El Laberinto de los Espíritus
ISBN : 978-2-330-10334-7