Une prière à la mer

En période de fêtes, il est important de s’offrir des cadeaux, vous ne trouvez pas ? Alors que j’étais partie en librairie avec tout à fait autre chose en tête la veille de Noël, j’en suis ressortie avec ce livre illustré sur lequel j’avais déjà flashé dans les rayons et dont la présence sur Instagram n’a fait qu’accentuer ma curiosité. Et puis, l’acheter est également la promesse d’une bonne action…

Ce livre magnifiquement illustré par le Londonien Dan Williams raconte l’histoire de Marwan et de son père. En attendant une barque qui les mènera dans un ailleurs, le père se remémore le passé de Homs, avant les bombes et le sang. C’est un hommage tout en poésie et douceur fait aux milliers de réfugiés qui n’ont pas eu le choix de quitter leur pays natal pour fuir les guerres et les persécutions. Seule solution, la mer impétueuse les accueille, pour un meilleur ou pour un pire…

Il est impossible de ressortir de ces quelques pages sans avoir un gros pincement au cœur. Quelques mots suffisent, des souvenirs, des dessins, des odeurs… pour que le sentiment de tristesse, d’impuissance ou encore de malaise nous envahisse.
Je pense qu’il est important que ce livre soit transmis au plus grand nombre. Je suis persuadée qu’il ouvrirait les yeux de ceux qui refusent de voir des réfugiés sur nos terres occidentales. Ouvrir les yeux sur l’horreur de la vie, voilà ce que c’est. Il est intolérable que les champs de fleurs deviennent des champs de bataille, que ce soit dans n’importe quelle partie du monde. Il est important de s’en rendre compte…

Pour chaque livre vendu, les éditions Albin Michel font don d’un euro à la Cimade, une association luttant pour la solidarité et le soutien politique aux migrants, réfugiés, demandeurs d’asile et étrangers en situation irrégulière. Une belle action qui, bien que certainement minime, j’espère apportera de l’aide.

Une prière à la mer
Khaled Hosseini (1965-)
Albin Michel 2018 – 50 pages
Titre original : Sea prayer
Traduit de l’anglais par les Editions Albin Michel
Première publication en 2018 aux éditions Bloomsbury
Illustré par Dan Williams
ISBN : 9782226437594

Publicités

Le Noël d’Hercule Poirot

Le Noël d’Hercule Poirot est un roman que j’ai découvert quelques jours avant Noël. Je viens enfin vous donner mon avis même si, entre nous, dès qu’on parle d’Agatha Christie, je ne suis jamais déçue !

Venez passer les fêtes de fin d’année aux côtés d’Hercule Poirot. Comme vous pouvez vous en douter, Noël ne se passe pas en toute tranquillité, loin de là…

L’histoire débute le 22 décembre. Mr Lee, un riche homme à l’âge bien avancé, fait inviter tous ses enfants à l’occasion de Noël. Il retrouve même la trace de sa petite-fille en Espagne, enfant de sa propre fille ayant perdu la vie peu de temps avant et avec laquelle il avait perdu tout contact.

Au premier abord, on pourrait croire que ce rassemblement est le souhait du vieil homme de retrouver une dernière fois ses progénitures et de leur montrer son amour à leur égard. Pourtant, on est loin du tableau d’une famille unie et heureuse. Jalousies, regrets, colères, ressentiments… Il règne dans le manoir une atmosphère glaçante. Et lorsque l’on retrouve le vieux Siméon Lee mort, égorgé dans sa chambre fermée à double tour de l’intérieur, l’incompréhension et les regards alertes s’accentuent. Qui a tué Siméon Lee ? Son fils Alfred qui a toujours tout fait pour lui sans jamais recevoir un merci ? Harry qui revient d’une dizaine d’année d’exil en Afrique du Sud ? David, le grand sentimental qui ne s’est toujours pas remis de la mort de sa mère lorsqu’il n’était encore qu’un enfant ? Georges, le politicien avare qui s’est marié avec une femme vingt ans plus jeune que lui ? Ou est-ce l’adolescente Pilar au sang chaud du Sud ? Ou encore Stephen Farr, le fils d’un ancien associé de Mr Lee profitant de son passage en Angleterre pour lui rendre visite ? Sans oublier les serviteurs… ?

Les suspects sont nombreux. Petit à petit, les secrets de famille se dévoilent, ainsi que le caractère de chacun des membres de la famille, laissant percevoir la véritable identité de l’assassin… Mais comme à son habitude, Agatha Christie nous mène sur de fausses pistes et ce n’est que lorsqu’Hercule Poirot prend la parole dans les dernières pages que le rideau tombe, à notre plus grand plaisir !

Une lecture à savourer sans aucun doute sous un plaid, auprès d’un sapin de Noël… 🙂

Challenge des Douze Thèmes :
Décembre – Un livre sur Noël, le Pôle Nord ou avec une couverture hivernale

Challenge Autour du monde, elles écrivent :
Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud
Une écrivaine intemporelle (Angleterre)

Challenge Tour du Monde littéraire : Royaume-Uni (Angleterre)

 

Déjà lu du même auteur : Témoin indésirable, Dix petits nègres, Cinq petits cochons, Le Crime de l’Orient-Express

Le Noël d’Hercule Poirot
Agatha Christie (1890-1976)
Librairie des Champs-Elysées (Le Masque) 1983 – 251 pages
Titre original : Hercule Poirot’s Christmas
Traduit de l’anglais par Louis Postif
Première publication française en 1946
ISBN : 9782702404522

Lady Chatterley


J’avais déjà entendu parler de Lady Chatterley via les différentes adaptations cinématographiques, mais que très vaguement. C’est donc avec curiosité que j’ai ouvert cette vieille édition du livre qui trainait dans ma bibliothèque. Mais le problème, avec les vieilles éditions aux couvertures cartonnées et sans résumé au dos, c’est que je n’ai pas tout de suite compris que je n’avais pas en main L’amant de Lady Chatterley, mais Lady Chatterley tout court, la première version du roman !

En effet, D. H. Lawrence aurait écrit trois versions au total. Et c’est le dernier qui a fait naître son succès… et scandale. Car, pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, il s’agit d’un roman érotique qui a beaucoup choqué à sa sortie, en 1928. En mes mains par contre, se trouve la toute première version, beaucoup plus soft d’après ce que j’ai pu comprendre…

Ici aussi Lady Chatterley, jeune aristocrate mariée à Sir Clifford revenu de la Première Guerre Mondiale avec les jambes paralysées (et sexuellement impuissant), s’éprend du garde-chasse de leur domaine. Ce dernier s’appelle Parkin et non Mellors que vous connaissez sûrement de la version la plus éditée. Parkin est un homme trapu et solitaire, un peu bourru, qui s’habille simplement et qui parle un bon patois bien à lui. À l’inverse, dans la troisième version du roman, Parkin devenu Mellors perd ses grosses moustaches et est tout à fait présentable. Grand et mince, il aime parler et se trouve socialement moins inférieur à Lady Chatterley que dans la première version. Alors que Parkin n’était qu’un simple soldat avant d’être garde-chasse, Mellors était lieutenant et parle, en plus de l’anglais, français et allemand.
D’après le prologue, tous les personnages principaux du roman ont été transformés. Même Lady Chatterley, de son prénom Constance, si innocente et fragile dans cette version se retrouve être une femme n’étant pas à son premier amant lorsqu’elle rencontre Mellors… Mme Bolton, l’infirmière à laquelle Sir Clifford fait appel, ne manque pas à l’appel non plus. Elle se retrouve pervertie dans la version finale, elle qui n’est autre que la vieille et gentille commère du village dans ma version.

Malgré le tableau peu enviable de la dernière version du livre, je pense que j’aurai préféré découvrir celle-là plutôt que la première. Bien que l’histoire soit ici plus humaine, sensible, voire même romantique, je l’ai trouvée plate et fade. Durant les premières pages, j’avais pris en pitié Lady Chatterley qui se préparait à une vie chaste et sans tumulte. Lors d’une de ses nombreuses balades dans le domaine, elle tombe par inadvertance sur le garde-chasse, torse nu, et commence à ressentir des choses bien enfouies jusqu’alors. Une passion dévorante naît entre ces deux êtres totalement différents. Cette relation impossible, cachée de tous, accablera toutes les pensées de Constance. Des pensées, nombreuses, que l’on découvre au fil des pages… et qui nous ennuient !
Peu à peu, Lady Chatterley a commencé à m’agacer. Un peu, puis beaucoup. J’ai eu l’impression que jamais elle ne se déciderait entre sa vie actuelle entre deux hommes qu’elle aime, une vie avec son mari avec lequel elle s’épanouit intellectuellement parlant ou une vie en toute simplicité dans les bras de Parkin.
Certains dialogues sonnaient également creux, sans oublier les nombreuses coquilles qui jalonnent l’histoire…
Néanmoins, j’ai beaucoup aimé la voix donnée aux différentes classes sociales. On perçoit bien un contraste énorme entre les aristocrates et les ouvriers. En ce début du XXe siècle, on pressent une révolution, un soulèvement, une indignation des mineurs et autres ouvriers, ainsi qu’une peur grandissante parmi les plus riches.

En conclusion, ce roman fût une double déception. Déception de ne pas avoir lu la version qui a créé un scandale immense à sa sortie, et déception que l’histoire, même si au vocabulaire beaucoup moins cru que dans la version finale, ne m’ait pas transportée plus que ça.

Si vous avez lu L’amant de Lady Chatterley ou l’une des deux premières versions, je suis intéressée d’avoir votre avis. Personnellement, je pense me procurer la version finale pour me faire une idée globale de l’œuvre de D.H. Lawrence. Un de ces jours, peut-être…

 

Lady Chatterley
D. H. Lawrence (1885-1930)
Bellevue 1973 – 504 pages

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une

Alors que je lis rarement des livres « feel good », voilà que j’en ai dévoré deux en l’espace d’un mois ! La perspective de passer les futures soirées hivernales dans le canapé, bien au chaud sous le plaid, y est peut-être aussi pour quelque chose… Et puis, rien de tel que de rebooster son moral une fois de temps en temps !

Et pour rebooster ses lecteurs, Raphaëlle Giordano a un don ! D’une plume légère, elle raconte l’histoire de Camille. Cette femme a tout pour être heureuse : mariée, mère d’un adorable garçon, un CDI en poche, … Et pourtant, c’est oublié un élément capital qui surgit toujours à un moment ou à un autre dans nos vies. Ce quelque chose s’installe un jour, l’air de rien, prend ses aises et, sans crier gare, assomme à coups de massue les rêves les plus beaux. Il s’agit de la routine ! Et Camille s’est bien ancrée dans son petit train train quotidien. Sans même s’en apercevoir, la voilà qui se démène chaque jour pour concilier travail et vie de famille, et qu’elle coure entre l’école, les magasins, le souper, le ménage, le médecin pour son petit bout, … Et puis vient forcément le craquage. C’est là que sa vie va changer du tout au tout…
Le chemin de Camille croise miraculeusement celui de Claude. Cet inconnu lui prête une oreille attentive et lui diagnostique immédiatement une « routinite aiguë ». Seule solution pour sortir de là : suivre un programme spécial pour retrouver goût à la vie et revenir à l’essentiel. Ça tombe bien, Claude est justement « routinologue » !

Pages après pages, on suit l’évolution de Camille vers la femme qu’elle a toujours rêvé d’être. Elle vivra des hauts et des bas, mais ne faut-il pas mener de multiples efforts pour (re)trouver notre équilibre ?
Véritable hymne à la pensée positive et au « ne-jamais-laisser-tomber », ce livre m’a plu du début à la fin ! Je comprends désormais l’engouement qui gravite autour. Plus qu’un roman, il nous transmet de nombreux conseils que tout un chacun peut appliquer chez soi. Il y a d’ailleurs un lexique en fin d’histoire reprenant tous les grands concepts abordés dans le bouquin.

Totalement inscrit dans la mode du « feel good » et de la recherche du bonheur, ce petit livre de Raphaëlle Giordano est le genre de livre qu’il faudrait toujours avoir à portée de main. Ne fusse pour relire les conseils donnés ou encore les citations de philosophes citées tout au long de l’histoire. D’ailleurs, si jamais je l’aperçois en brocante, je risque bien de sauter dessus, celui que j’ai lu étant un emprunt à une de mes collègues qui, elle-même, l’avait emprunté à sa sœur. Vous l’aurez compris, ce roman mérite vraiment d’être lu et partagé !

Challenge Autour du monde, elles écrivent :
Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud – FRANCE

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une
Raphaëlle Giordano (1974-)
Pocket 2016 – 254 pages
Première publication en 2015 (Groupe Eyrolles)
ISBN : 9782266270021

Le vieux qui lisait des romans d’amour

« Le Vieux qui lisait des romans d’amour » est le genre de livre qu’on a envie de relire. Dix ans après ma première lecture de ce court roman, je l’ai réouvert. Et, sans surprise, je l’ai dévoré.

Comme le titre l’indique si bien, c’est l’histoire d’un vieil homme qui aime lire des romans d’amour, des romans tristes mais qui finissent bien, des romans qui le font voyager à Paris, Londres, Venise, … lui qui n’est jamais parti bien loin.
Antonio José Bolivar aura vécu dans deux endroits différents, ni plus, ni moins. Le premier est le village dans lequel il a grandi et se maria. Son second et dernier lieu de vie se situe aux abords de la forêt amazonienne, à El Idilio. Là-bas l’attendait la promesse d’une vie meilleure mais les terres se sont avérées infertiles et la malaria a sévi de nombreuses fois, emmenant avec elle sa femme. Dorénavant seul, Antonia José Bolivar apprend à se débrouiller et à apprivoiser cette terre d’adoption qui ne lui a apporté que du malheur. Il fera la rencontre des Shuars, un peuple d’autochtones vivant dans la forêt, qui lui apprit à chasser ou encore à guérir de certaines blessures. Très vite, le vieux apprendra leur langue et deviendra leur ambassadeur auprès des Blancs. Il faut dire qu’aux yeux de ces derniers, il ne s’agit que de sauvages, des voleurs et même des tueurs.
C’est donc sans surprise que lorsque deux Shuars amènent le corps sans vie d’un homme blond au village d’El Idilio, le maire les accuse de meurtre. Mais c’est sans compter Antonio José Bolivar qui fera remarquer que les lacérations présentes sur le cadavre n’ont rien d’humain. Il s’agit des griffes d’une panthère ! Un coup d’œil dans la sacoche du chasseur dévoile les faits. A l’intérieur se trouvent des peaux de petits félins. Inutilisables par leur taille, elles auront au moins provoqué la colère de leur mère qui risque de s’y reprendre à nouveau…

Alors qu’à la lecture de ce livre, j’étais recroquevillée dans le canapé, cachée sous un plaid pour affronter le froid d’hiver qui s’immisce doucement dans les maisons, Luis Sepúlveda a réussi en un rien de temps à me téléporter à l’autre bout du monde, dans un climat chaud et humide, tout sauf confortable… On plonge dans une nature grandiose, une forêt amazonienne immense où cohabitent les animaux et les Shuars. J’ai d’ailleurs été fascinée de découvrir leurs modes de vie et la symbiose qu’il existe entre eux.
Ce roman tire aussi le portrait de colons malintentionnés, des hommes qui veulent posséder mais qui ne respectent rien de ce qui les entoure au risque de blesser des animaux inoffensifs ou d’abîmer une nature jusque-là immaculée. Poussés par les idéaux des gouvernements, ils ne viennent avec en tête une seule raison : l’argent.
On fait donc face à deux extrêmes, entre la vie simple des autochtones vivant en harmonie avec les autres habitants de la forêt et la recherche de la gloire des chasseurs d’or et d’animaux.
Entre ces deux mondes diamétralement opposés se trouve Antonio José Bolivar. Lui qui préférerait fuir la stupidité de ses contemporains en se plongeant dans un bon roman d’amour, il se retrouve face à un dilemme : protéger les siens ou sauver la forêt amazonienne, son foyer d’adoption.

En plus d’attaquer les gouvernements contre leur politique du toujours plus, Luis Sepúlveda pose également les bases de l’écologie avec, en fond sonore, une sonnette d’alarme pour ce qui se passe en Amazonie. Nous sommes en 1992. Et là encore, je me dis à moi-même « Mais pourquoi On est toujours aussi lent à réagir ?? ».

N’hésitez plus à vous procurer ce bouquin si ce n’est pas déjà fait. Aussi petit soit-il, il regorge d’idées et amène à de nombreuses réflexions qui sont toujours d’actualité. Je suis d’ailleurs très contente de l’avoir redécouvert. Lu pour la première fois alors que je n’avais que 14 ans, je me rends compte qu’il est beaucoup plus complexe que ce dont je me souvenais, et que j’étais passée au-dessus de pas mal de choses au final… Une lecture bénéfique donc, qui m’a permis de recroiser le chemin d’Antonio José Bolivar, et rien que ça, ça en vaut la peine.

« Ce fut la découverte la plus importante de sa vie. Il savait lire. Il possédait l’antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire. Mais il n’avait rien à lire. » (pp. 55-56)

 

Challenge des Douze Thèmes : Novembre – Une relecture

Challenge Tour du Monde littéraire : Chili

Le vieux qui lisait des romans d’amour
Luis Sepúlveda (1949-)
Points 2003 – 121 pages
Première publication originale et en français en 1992 (Editions Métailié)
Titre original : Un viejo que leía novelas de amor
Traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero
ISBN 13 : 9782020239301
ISBN 10 : 2.02.023930.2

Péplum

Et si le Vésuve ne s’était pas réveillé en 79 avant Jésus-Christ, épargnant ainsi Pompéi ? Et si son éruption avait été provoquée ? C’est par cette théorie que le roman d’Amélie Nothomb commence…

Une jeune écrivaine belge dont les initiales sont A. N. (on se demande bien qui cela peut être…), fait part de sa théorie à un proche, la veille d’une opération. Le lendemain, ce n’est pas dans un hôpital qu’elle se réveille mais dans une pièce tout à fait inconnue. Ce n’est pas non plus en 1995 qu’elle se retrouve, mais plusieurs siècles plus tard, en 2580 !
Alors que son hibiscus attend son arrosage quotidien, la romancière fait la rencontre de Celsius. Cet homme du futur n’est autre que l’investigateur de son voyage dans le temps. Après les révélations faites la veille (ou il y a 6 siècles, tout est une question de point de vue), il se devait d’enlever A.N. de son époque afin que le secret de Pompéi reste à jamais un secret… Car oui, en effet, Pompéi n’a pas été dévasté par la lave de manière naturelle ! La nouvelle tombe, grave et étrange à la fois. Comment des personnes du XXVIe siècle ont-elles pu provoquer une éruption dans le passé ? Tant de questions chamboulent autant les pensées de la romancière kidnappée que celles du lecteur.
On découvre, on tire des conclusions, on apprend certains faits. Il faut dire qu’il s’en est passé des choses entre le XXe et XXVIe siècle, et pas que des bonnes…

Amélie Nothomb traite de nombreuses thématiques dans ce roman. La mémoire du passé y est très forte. Il est également question d’identité, de l’amour, de statuts sociaux, de la course à l’énergie, de critères de beauté, du bien-être animal, des décisions irrévocables prises par les Hommes aux bénéfices des uns et au malheur des autres. On découvre de nouvelles formes de discrimination, envers les Hommes, envers les femmes… Même les écrivains ne sont pas épargnés.
C’est dans un dialogue sans fin sous un ton incisif et provocateur, que nous découvrons ce futur peu enviable. Un futur qui est prêt à retourner le cours des choses pour son bon vouloir.
L’histoire comprend tous les ingrédients pour plaire mais j’aurai aimé que ces éléments soient étayés. Aussi, j’avoue que le fait que le roman soit écrit sous forme de dialogue du début à la fin, sans interruption m’a par moment tapé sur les nerfs… Ou alors c’est le personnage de Celsius, monsieur je-sais-tout imbu de sa personne qui m’horripilait ? Il y a de fortes chances, oui… !

Challenge Autour du monde, elles écrivent :
Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud – BELGIQUE

Challenge des Auteurs belges

Challenge Tour du Monde littéraire : Belgique

Péplum
Amélie Nothomb (1966-)
Le Livre de Poche 2005 – 154 pages
Première publication en 1996 (Albin Michel)
ISBN 13 : 9782253144892
ISBN 10 : 2-253-14489-4

Déjà lu du même auteur : Acide sulfurique, Antéchrista, Cosmétique de l’ennemi, Hygiène de l’assassin, Les catalinaires, Les combustibles, Mercure, Ni d’Eve ni d’Adam

Le premier jour du reste de ma vie

Depuis le temps qu’on me parlait de Virginie Grimaldi et que je voyais ses livres dans les vitrines de toutes les librairies, il fallait bien que je craque moi aussi !

Ce roman se lit d’une rapidité sans nom. Plonger dedans, c’est recevoir une bouffée d’optimisme à vous couper le souffle, c’est croire en l’amitié, la vraie, c’est s’apercevoir qu’une fin d’histoire d’amour n’est pas synonyme avec fin de vie tout court. La vie continue et, même si parfois, elle peut être sacrément moche, elle peut aussi être merveilleusement belle et pleine de surprises.

Pour ceux et celles qui seraient passés à côté de ce livre (on ne sait jamais !), voici quelques mots sur l’histoire…
Alors que son mari fête ses 40 ans, Marie lui offre le cadeau le plus inattendu qu’il soit : elle le quitte. Partie pour une croisière en solitaire autour du monde durant trois mois, elle rencontre deux femmes au caractère diamétralement différent mais avec lesquelles elle se reconstruira peu à peu. Anne, une femme d’une soixantaine d’année, se remet difficilement de sa rupture avec l’homme qui a été dans sa vie durant 40 ans. Camille, la vingtaine, compte bien profiter de cette parenthèse dans sa vie pour rencontrer des hommes à chaque escale et ce, en profondeur… Ces trois femmes désorientées, en quête de bonheur, ne s’attendent pas à ce que la croisière change leur vie du tout au tout, et pourtant…

Ce livre purement feel good donne chaud au cœur et laisse penser que, au final, le bonheur n’est jamais bien loin.

« (…) Parce que la vie, c’est comme un tour de magie. Quand on est enfant, on ne voit que le devant de la scène. C’est fabuleux, on s’émerveille, on se pose des questions, on a envie d’en savoir plus. Et puis, on grandit. Peu à peu, les coulisses se dévoilent, on réalise que c’est compliqué. C’est moins joli, c’est même parfois moche. On est déçu. Mais on continue quand même à s’émerveiller. » (p.202)


Challenge Autour du monde, elles écrivent

Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud – FRANCE


Le premier jour du reste de ma vie
Virginie Grimaldi

Le Livre de Poche 2017 – 330 pages
Première publication en 2015 (City Editions)
ISBN : 9782253098461