Lady Chatterley


J’avais déjà entendu parler de Lady Chatterley via les différentes adaptations cinématographiques, mais que très vaguement. C’est donc avec curiosité que j’ai ouvert cette vieille édition du livre qui trainait dans ma bibliothèque. Mais le problème, avec les vieilles éditions aux couvertures cartonnées et sans résumé au dos, c’est que je n’ai pas tout de suite compris que je n’avais pas en main L’amant de Lady Chatterley, mais Lady Chatterley tout court, la première version du roman !

En effet, D. H. Lawrence aurait écrit trois versions au total. Et c’est le dernier qui a fait naître son succès… et scandale. Car, pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, il s’agit d’un roman érotique qui a beaucoup choqué à sa sortie, en 1928. En mes mains par contre, se trouve la toute première version, beaucoup plus soft d’après ce que j’ai pu comprendre…

Ici aussi Lady Chatterley, jeune aristocrate mariée à Sir Clifford revenu de la Première Guerre Mondiale avec les jambes paralysées (et sexuellement impuissant), s’éprend du garde-chasse de leur domaine. Ce dernier s’appelle Parkin et non Mellors que vous connaissez sûrement de la version la plus éditée. Parkin est un homme trapu et solitaire, un peu bourru, qui s’habille simplement et qui parle un bon patois bien à lui. À l’inverse, dans la troisième version du roman, Parkin devenu Mellors perd ses grosses moustaches et est tout à fait présentable. Grand et mince, il aime parler et se trouve socialement moins inférieur à Lady Chatterley que dans la première version. Alors que Parkin n’était qu’un simple soldat avant d’être garde-chasse, Mellors était lieutenant et parle, en plus de l’anglais, français et allemand.
D’après le prologue, tous les personnages principaux du roman ont été transformés. Même Lady Chatterley, de son prénom Constance, si innocente et fragile dans cette version se retrouve être une femme n’étant pas à son premier amant lorsqu’elle rencontre Mellors… Mme Bolton, l’infirmière à laquelle Sir Clifford fait appel, ne manque pas à l’appel non plus. Elle se retrouve pervertie dans la version finale, elle qui n’est autre que la vieille et gentille commère du village dans ma version.

Malgré le tableau peu enviable de la dernière version du livre, je pense que j’aurai préféré découvrir celle-là plutôt que la première. Bien que l’histoire soit ici plus humaine, sensible, voire même romantique, je l’ai trouvée plate et fade. Durant les premières pages, j’avais pris en pitié Lady Chatterley qui se préparait à une vie chaste et sans tumulte. Lors d’une de ses nombreuses balades dans le domaine, elle tombe par inadvertance sur le garde-chasse, torse nu, et commence à ressentir des choses bien enfouies jusqu’alors. Une passion dévorante naît entre ces deux êtres totalement différents. Cette relation impossible, cachée de tous, accablera toutes les pensées de Constance. Des pensées, nombreuses, que l’on découvre au fil des pages… et qui nous ennuient !
Peu à peu, Lady Chatterley a commencé à m’agacer. Un peu, puis beaucoup. J’ai eu l’impression que jamais elle ne se déciderait entre sa vie actuelle entre deux hommes qu’elle aime, une vie avec son mari avec lequel elle s’épanouit intellectuellement parlant ou une vie en toute simplicité dans les bras de Parkin.
Certains dialogues sonnaient également creux, sans oublier les nombreuses coquilles qui jalonnent l’histoire…
Néanmoins, j’ai beaucoup aimé la voix donnée aux différentes classes sociales. On perçoit bien un contraste énorme entre les aristocrates et les ouvriers. En ce début du XXe siècle, on pressent une révolution, un soulèvement, une indignation des mineurs et autres ouvriers, ainsi qu’une peur grandissante parmi les plus riches.

En conclusion, ce roman fût une double déception. Déception de ne pas avoir lu la version qui a créé un scandale immense à sa sortie, et déception que l’histoire, même si au vocabulaire beaucoup moins cru que dans la version finale, ne m’ait pas transportée plus que ça.

Si vous avez lu L’amant de Lady Chatterley ou l’une des deux premières versions, je suis intéressée d’avoir votre avis. Personnellement, je pense me procurer la version finale pour me faire une idée globale de l’œuvre de D.H. Lawrence. Un de ces jours, peut-être…

 

Lady Chatterley
D. H. Lawrence (1885-1930)
Bellevue 1973 – 504 pages

Une réflexion sur “Lady Chatterley

  1. Voilà une histoire légèrement subversive pour l’époque, qui fleure légèrement l’interdit… 🙂 Mais ce fut en ce qui me concerne une bonne lecture et une belle découverte.
    Je ne me rappelle quelle version j’ai lu mais, effectivement, à sa lecture, j’ai compris aisément ce qui avait pu choquer, à la fin des années 20… Du coup, ce n’est peut-être pas une version édulcorée… Au contraire, je garde en souvenir une histoire particulièrement passionnée et pas forcément chaste. ^^ Dommage que ce livre ait été une déception pour toi. 😦

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