Péplum

Et si le Vésuve ne s’était pas réveillé en 79 avant Jésus-Christ, épargnant ainsi Pompéi ? Et si son éruption avait été provoquée ? C’est par cette théorie que le roman d’Amélie Nothomb commence…

Une jeune écrivaine belge dont les initiales sont A. N. (on se demande bien qui cela peut être…), fait part de sa théorie à un proche, la veille d’une opération. Le lendemain, ce n’est pas dans un hôpital qu’elle se réveille mais dans une pièce tout à fait inconnue. Ce n’est pas non plus en 1995 qu’elle se retrouve, mais plusieurs siècles plus tard, en 2580 !
Alors que son hibiscus attend son arrosage quotidien, la romancière fait la rencontre de Celsius. Cet homme du futur n’est autre que l’investigateur de son voyage dans le temps. Après les révélations faites la veille (ou il y a 6 siècles, tout est une question de point de vue), il se devait d’enlever A.N. de son époque afin que le secret de Pompéi reste à jamais un secret… Car oui, en effet, Pompéi n’a pas été dévasté par la lave de manière naturelle ! La nouvelle tombe, grave et étrange à la fois. Comment des personnes du XXVIe siècle ont-elles pu provoquer une éruption dans le passé ? Tant de questions chamboulent autant les pensées de la romancière kidnappée que celles du lecteur.
On découvre, on tire des conclusions, on apprend certains faits. Il faut dire qu’il s’en est passé des choses entre le XXe et XXVIe siècle, et pas que des bonnes…

Amélie Nothomb traite de nombreuses thématiques dans ce roman. La mémoire du passé y est très forte. Il est également question d’identité, de l’amour, de statuts sociaux, de la course à l’énergie, de critères de beauté, du bien-être animal, des décisions irrévocables prises par les Hommes aux bénéfices des uns et au malheur des autres. On découvre de nouvelles formes de discrimination, envers les Hommes, envers les femmes… Même les écrivains ne sont pas épargnés.
C’est dans un dialogue sans fin sous un ton incisif et provocateur, que nous découvrons ce futur peu enviable. Un futur qui est prêt à retourner le cours des choses pour son bon vouloir.
L’histoire comprend tous les ingrédients pour plaire mais j’aurai aimé que ces éléments soient étayés. Aussi, j’avoue que le fait que le roman soit écrit sous forme de dialogue du début à la fin, sans interruption m’a par moment tapé sur les nerfs… Ou alors c’est le personnage de Celsius, monsieur je-sais-tout imbu de sa personne qui m’horripilait ? Il y a de fortes chances, oui… !

Challenge Autour du monde, elles écrivent :
Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud – BELGIQUE

Challenge des Auteurs belges

Challenge Tour du Monde littéraire : Belgique

Péplum
Amélie Nothomb (1966-)
Le Livre de Poche 2005 – 154 pages
Première publication en 1996 (Albin Michel)
ISBN 13 : 9782253144892
ISBN 10 : 2-253-14489-4

Déjà lu du même auteur : Acide sulfurique, Antéchrista, Cosmétique de l’ennemi, Hygiène de l’assassin, Les catalinaires, Les combustibles, Mercure, Ni d’Eve ni d’Adam

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Louison et les malades de la peste

Court roman illustré, Louison est les malades de la peste n’en est pas moins intéressant. Nous suivons le quotidien de Mathilde, une riche veuve qui, en 1664, aide déjà depuis une dizaine d’années les chanoinesses de l’hôpital Notre-Dame de Lessines. Leurs journées se résument aux prières et soins apportés aux malades et pauvres blessés de la rue. Autant dire que leurs journées sont bien remplies…
Alors que par un soir d’hiver, une jeune fille est amenée à l’hôtel-Dieu à moitié morte de froid, Mathilde ressent pour elle une affection qu’elle ne comprend pas. La jeune fille, Louison, se rétablit rapidement et montre vite un grand intérêt dans les soins donnés aux malades. Qui était-elle avant d’arriver en ces lieux ? Bientôt, elle portera le voile afin de soutenir les chanoinesses dans leur travail séculaire, l’hôpital Notre-Dame à la Rose ayant été fondé en 1242.
La peste surgit à nouveau en 1665 dans la petite ville de Lessines. Un désaccord survient alors entre Louison et ses supérieures qui ne souhaitent pas accueillir les pestiférés. Louison rend son habit de religieuse avant d’aller rejoindre les médecins des villages pour leur donner un coup de main. Il faut dire qu’avec son fort caractère, ses connaissances des plantes médicinales et sa soif d’apprendre les sciences, son avenir semble tout tracé, si ce n’est qu’à l’époque, seuls les hommes pouvaient prétendre au titre de médecin.

L’histoire, sous forme de journal intime, se lit rapidement. Les illustrations d’Annick Piron ajoutent de la vie aux personnages malgré le contexte de peste et de mort. On en apprend d’ailleurs plus sur la peste, sur la douce avancée de la médecine qui n’en est qu’aux balbutiements, sur les croyances religieuses de l’époque fortement ancrées dans la société, et sur l’hôpital Notre-Dame à la Rose. Ce lieu a accueilli durant près de huit siècles les démunis et malades des environs. Il a laissé une grande empreinte dans l’histoire de ma région et, depuis sa fermeture en 1980, continue de vivre, cette fois-ci sous forme d’un musée qu’il me tarde d’aller revisiter !

Challenge des Douze Thèmes – Septembre : un livre qui met en avant sa région

Challenge des Auteurs belges

Autour du monde, elles écrivent – Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud : autrice d’Europe

 

Louison et les malades de la peste
Marianne Vanhecke
MeMograMes 2018 – 87 pages
Première publication en Belgique en 2008
Illustré par Annick Piron
ISBN : 9782930418353

L’assassin habite au 21

Comme première lecture au Challenge des auteurs belges, j’ai décidé de me plonger dans « L’assassin habite au 21 » de Stanislas-André Steeman. Je connaissais pourtant déjà cette histoire. En effet, dans le cadre scolaire, j’avais eu l’occasion de voir une pièce de théâtre adaptée du livre. Mais après 10 ans, la mémoire de poisson rouge dont je suis dotée a eu le temps de faire effet et voilà que j’étais prête à mener une seconde fois l’enquête !

Nous nous retrouvons à Londres où un certain Mr Smith sévit dans les ruelles plongées dans le brouillard. Personne ne doute de son identité. Et même lorsqu’un témoin affirme que l’assassin habite au 21 Russel Square, ce dernier reste introuvable. Il faut savoir qu’à cette adresse se trouve non pas une maison, mais une pension familiale. Lequel des pensionnaires est le meurtrier tant recherché ? Les doutes vont de l’un à l’autre sans jamais être confirmés. La police tourne littéralement en rond (et moi aussi !). Et, pendant ce temps-là, Mr Smith continue de tuer…

Bien que j’aie rencontré quelques difficultés pour rentrer dans l’histoire (sûrement dû aux nombreux personnages que l’on rencontre dès les premières pages), je me suis mise à dévorer ce petit livre dès que la police commençait à être sur la piste de suspects plus concrets. Autant dire que je me suis longtemps triturée les méninges avant de découvrir la vérité sur l’identité de Mr Smith.

Je conseille donc ce roman policier, un classique qui se lit rapidement mais qui reste un casse-tête à lui seul !

 

Lu dans le cadre du Challenge des auteurs belges.

L’assassin habite au 21
Stanislas-André Steeman (1908 – 1970)
Le Livre de Poche 2008 –  187 pages
Première publication en 1939