Le tour du monde sans un rond

« Nous sommes tous les navigateurs à la recherche d’un cap, que ce soit sur terre ou sur mer. N’oublie pas : ne te fie pas seulement aux instruments, écoute tes sens. »
(p. 139-140)

Après Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, Matteo Pennacchi nous raconte son tour du monde sans un rond !

On suit donc Matteo Pennacchi, un Italien qui n’en est pas à sa première expérience à l’étranger. Grâce à sa débrouillardise et son caractère jovial, il parvient à se faire aider par un nombre incalculable de personnes, gratuitement ou en échange d’une bonne lasagne maison. Le voyage se fait en camion, en train, en bateau, en auto… Nous sommes en 1998 et tout parait tellement accessible !
C’est le genre de livre qui nous donne envie de tout plaquer et de vivre la même expérience que l’auteur. Partir à la rencontre d’inconnus, passer des nuits à la belle étoile, ne jamais savoir de quoi sera fait demain.

Au-delà de la magie et des étoiles qui brillent dans les yeux à la lecture de son histoire, j’ai été un peu déçue dans le sens où ce défi de faire le tour du monde sans le sou était un peu trop programmé à mon goût. Ici, Matteo Pennacchi prévient journalistes et responsables du Guinness Book of Records de son entreprise et ne lâche pas son cahier rempli de coupures de presse parlant de son aventure. Après, avec sa carte de presse, plusieurs portes se sont ouvertes à lui. Mais le fait de programmer de A à Z son projet m’a un peu désenchantée. Je n’ai pas « vu » autant de paysages que j’espérais, les longues haltes étant rares.

Il n’en reste que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Matteo, que j’ai ri avec lui, que j’ai fait la connaissance de personnes inspirantes qui prouvent d’ailleurs que le monde n’est pas fait que de méchants. On peut encore faire confiance en l’inconnu sans avoir peur comme cela devient le cas de plus en plus aujourd’hui, bien malheureusement.

« On apprend en écoutant, en comprenant, en respectant et en appréciant les différences culturelles et mentales. »
(p. 83)

Mini Bingo – Spécial Voyage : Un livre contenant une carte du monde

« Chaque rencontre, chaque déplacement laisse des traces plus ou moins profondes, plus ou moins inconscientes, dans l’esprit du voyageur. »
(p. 14)

Le tour du monde sans un rond
Matteo Pennacchi (1971-)
Piment/France Loisirs 2002 – 242 pages
Première publication en France en 2001 (Stock)
Titre original : Il Grande Dogno… Il Giro del mondo senza un soldo in tasca
Traduit de l’italien par Claire Bonnefois
ISBN : 2-7441-5251-X

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Le K

Dans le cadre du Challenge Mai en nouvelles, je me suis tournée vers Le K de Dino Buzzati. Il faut dire que cela faisait quelques années déjà que je me promettais de découvrir le recueil dans son entièreté après avoir lu la nouvelle Le K pour un cours lorsque j’étais encore ado.

Me plonger dans ce recueil de nouvelles fut une toute autre expérience qu’avec ma lecture précédente. Dès les premières lignes, j’ai été littéralement happée par les histoires. Malgré leur longueur limitée (quelques pages, pas plus), la cinquantaine de nouvelles regroupées dans ce petit livre m’ont énormément plus.

Et pourtant, moi qui n’ai pas l’habitude de lire du fantastique, je ne croyais pas autant accrocher. J’ai adoré les touches d’irréel dans les histoires. J’ai trouvé que cela leur donnait plus de force, de puissance, voire de sens, bizarrement. Après, d’autres nouvelles étaient complètement plongées dans un monde fantastique et, à l’inverse des autres, ce sont des petits clins d’œil de la vie réelle qui s’y accrochaient.

La plume de Dino Buzzati m’a transportée d’un conte à l’autre. Car, à mes yeux, ces petites histoires ressemblaient pour la plupart à des contes aux thèmes variés, traitant de l’Homme, de la société, de la guerre et de la paix, de la recherche du bonheur et de la gloire, … On y croise de grands personnages : Gustave Eiffel, les Kennedy ou encore Hitler. L’auteur lui-même figure dans les nouvelles ! Il apparait d’ailleurs dans la dernière, plus longue d’une dizaine de pages, où il découvre l’enfer. Loin des images tant décrites d’un lieu en feu et en sang avec des diables à chaque coin de rues, Dino Buzzati présente une toute autre version qui mérite d’être lue… Tout comme le reste de ses récits, soit dit en passant. Bref, ce livre se savoure comme l’on goûterait à une sucrerie dont on a rarement l’occasion de tenir en main.

Challenge Mai en nouvelles
Challenge Tour du monde littéraire : Italie

Le K
Dino Buzzati (1906-1972)
Pocket 2006 – 412 pages
Première publication en 1966
Traduit de l’italien par Jacqueline Remillet
Titre original : l colombre