La dernière valse de Mathilda

Au travers de ce roman, Tamara McKinley nous embarque dans une histoire incroyable, truffée de secrets et de non-dits, le tout sur fond de paysage aride australien. Un régal !

À peine les premières pages parcourues, on ne peut décrocher du roman. On fait la rencontre de Mathilda qui vient de perdre sa mère. Elle se retrouve alors seule, avec son père alcoolique, à gérer le domaine familial : une station d’élevage de moutons située en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie.
Après ce prologue d’une cinquantaine de pages (si, si ! vous avez bien lu !), on passe de l’après Première Guerre Mondiale à nos jours, aux côtés de Jennifer, à Sydney. Jenny vient de vivre l’invivable : son mari et leur fils encore bébé viennent de perdre la vie… Sombrant dans le deuil et la dépression, cette artiste-peintre est heureusement épaulée par sa meilleure amie, Diane.
Un jour, le notaire appelle Jenny pour une toute dernière affaire à régler. Il s’agit d’un cadeau que Peter, son mari, prévoyait de lui offrir pour son anniversaire. N’étant plus là pour le lui offrir, c’est au notaire de s’en charger. Et pour un cadeau, c’est un gros cadeau ! Peter a acheté Churinga, une station d’élevage de moutons au cœur de l’outback. Un rêve qui serait devenu réalité pour le couple qui souhaitait revenir à la terre. Mais alors que Jenny se retrouve seule, que faire ? Elle décide tout de même d’aller sur place durant quelques mois avant de décider si oui ou non, elle se voit propriétaire d’un tel domaine toute sa vie.
Une fois à Churinga, le paysage, l’immensité, ce vide alentour, laissent Jenny bouche bée. Très vite, elle fait la connaissance de Brett, le directeur des lieux, ainsi que des ouvriers venus pour la saison de la tonte et la cuisinière, une femme très aimable qui lui tiendra compagnie lors des premières semaines sur place. Jenny découvre un jour un coffre contenant quelques vêtements et des journaux intimes signés d’une certaine Mathilda, qui se révèle être l’ancienne propriétaire de Churinga.
Petit à petit, on découvre la vie de ces deux femmes au caractère bien trempé. Très vite, Jenny comprendra les rumeurs planant sur les lieux, disant qu’ils sont maudits. Indépendante et tenace, Mathilda a réussi durant les temps durs de sécheresse et de guerre, à maintenir sa petite entreprise. Mais malgré son dur labeur, la vie n’a pas été clémente envers elle. D’abord enfant puis femme, elle a connu des instants très difficiles qui la marquèrent à vie.

Dit comme ça (et encore, j’ai essayé de ne rien trop dévoiler), l’histoire ne semble peut-être pas trop emballante, et pourtant… En plus de suivre en parallèle l’histoire de deux femmes qui survivent à la vie, nous sommes littéralement transportés. On ressent la chaleur insoutenable, la moiteur de nos mains et la transpiration qui dégouline le long de notre colonne vertébrale. On admire, nous aussi, les paysages immenses de terre rouge qui se perdent à l’infini à l’horizon.
L’écriture est telle que l’on ne peut que suivre le flot des mots. J’ai lu ce gros pavé par à-coups, parfois avec plus d’une semaine sans y toucher, et, pourtant, dès que j’y revenais, c’était comme si on m’attendait. J’étais repartie, une fois aux côtés de Jenny, une fois avec Mathilda. Contrairement à certaines lectures passées, je n’ai eu aucun mal à replonger dans l’histoire.

Je suis très contente d’avoir enfin lu Tamara McKinley ! Sa plume est ravissante et l’histoire pleine de mystères et de secrets de famille. On s’accroche tellement aux personnages qu’on rit, pleure et crie avec eux.
Un roman prenant, donc, qui vaut vraiment le coup d’être découvert.

Autour du monde, elles écrivent
Un hiver anglo-saxon – Autrice australienne

Petit BAC 2019 : 1 – Prénom

Tour du monde littéraire : Australie

 

La dernière valse de Mathilda
Tamara McKinley (1948-)
L’Archipel (Archipoche) 2007 – 567 pages
Titre original : Matilda’s Last Waltz
Traduit de l’anglais par Catherine Ludet
Première publication originale en 1999 (Piatkus)
Première publication française sous le titre de « L’héritière de Churinga » (2004, France Loisirs)
ISBN : 9782352870180

Publicités

The Christmas Mystery

En décembre 2018, je me suis laissée emportée par la vague d’engouement autour de Noël. Ce n’est pas une fête que j’aime particulièrement, si ce n’est qu’elle me permet de voir ma famille réunie, mais voilà que j’ai lu deux livres autour de cette période si chère au cœur de tant de personnes. Après Le Noël d’Hercule Poirot d’Agatha Christie, j’ai donc craqué pour The Christmas Mystery de Jostein Gaarder, un auteur norvégien qui vous dit peut-être quelque chose… Il a, entre autres, écrit Le Monde de Sophie, un livre sur la philosophie qui m’attend patiemment dans ma bibliothèque.

Ne cherchez pas la version française de The Christmas Mystery, elle n’existe apparemment pas ! C’est donc toute contente de lire une histoire inédite, que j’ai commencé ce roman jeunesse.
Jostein Gaarder nous conte l’histoire d’un petit garçon, Joachim, qui, à la recherche d’un calendrier de l’Avent, tombe sur un calendrier qui se démarque des autres. Les illustrations semblent faites mains, et l’objet parait avoir quelques années derrière lui… Pourtant, il est comme neuf. Joachim n’a pas été attiré par hasard par ce calendrier de l’Avent, il est magique ! Chaque matin, il découvre non pas un morceau de chocolat ou un jeu miniature derrière la fenêtre, mais une image et un papier qui en tombe… En dépliant les petits bouts de papier, Joachim découvre des fragments d’histoire, celle d’une certaine Elisabet qui, à la veille de Noël, s’est encourue d’un centre commercial à la poursuite d’un agneau surgit de nulle part. Son chemin rencontrera cela d’un ange, d’un berger, d’un roi Mage et d’autres moutons et personnages quelque peu connus. Ensemble, ils s’en vont vers Bethléem, pour assister à la naissance de Jésus. Ce long voyage a de quoi surprendre. En plus du fait que de nouveaux pèlerins s’ajoutent à la troupe, le voyage a pour particularité d’aller en arrière dans le temps. Plus ils avancent dans l’espace, de la Norvège à Bethléem, plus le temps recule ! Si ça, ce n’est pas le magie de Noël !
Tout comme Joachim, j’étais pressée de découvrir la suite de l’histoire d’Elisabet et de ses drôles d’acolytes. Au fur et à mesure que l’histoire s’éclaircit, le petit garçon commence à se poser des questions : Qui a fabriqué le calendrier magique ? Elisabet n’est-elle réellement qu’un personnage de fiction ?

Ce roman, je l’ai lu comme s’il s’agissait d’un conte. Assez accessible en anglais, on est vite pris dans cette chouette petite histoire. Après, il faut accrocher à la thématique. Car si on parle de Noël et de ses origines, il y a forcément des passages qui portent sur le christianisme. Cela ne m’a pas trop dérangée malgré que je sois hâtée. Après, je suis née dans une famille catholique non pratiquante et ai suivi des cours de religion pendant pas mal d’année durant mon enfance… Ceci explique peut-être cela.
Puis, toute l’histoire n’est pas concentrée sur la religion, bien heureusement. C’est avant tout l’histoire d’un voyage à travers le temps et l’espace, qui nous en apprend un peu plus sur les époques et pays traversés. Surtout, ce livre nous rappelle une chose importante qui, que l’on soit croyant ou non, est primordiale dans la vie : il faut faire le bien autour de soi, aider son prochain du mieux que l’on peut. Après tout, n’est-ce pas là que réside la magie de Noël ?

Challenge des Douze Thèmes :
Décembre – Un livre sur Noël, le Pôle Nord ou avec une couverture hivernale

Challenge Tour du Monde littéraire : Norvège

Challenge Read in English 2018-2019

The Christmas Mystery
Jostein Gaarder (1952-)
Phoenix Books 2002 – 247 pages
Titre original : Julemysteriet
Traduit du norvégien par Elizabeth Rokkan
Première publication originale en 1992
ISBN : 9780753808665

Le vieux qui lisait des romans d’amour

« Le Vieux qui lisait des romans d’amour » est le genre de livre qu’on a envie de relire. Dix ans après ma première lecture de ce court roman, je l’ai réouvert. Et, sans surprise, je l’ai dévoré.

Comme le titre l’indique si bien, c’est l’histoire d’un vieil homme qui aime lire des romans d’amour, des romans tristes mais qui finissent bien, des romans qui le font voyager à Paris, Londres, Venise, … lui qui n’est jamais parti bien loin.
Antonio José Bolivar aura vécu dans deux endroits différents, ni plus, ni moins. Le premier est le village dans lequel il a grandi et se maria. Son second et dernier lieu de vie se situe aux abords de la forêt amazonienne, à El Idilio. Là-bas l’attendait la promesse d’une vie meilleure mais les terres se sont avérées infertiles et la malaria a sévi de nombreuses fois, emmenant avec elle sa femme. Dorénavant seul, Antonia José Bolivar apprend à se débrouiller et à apprivoiser cette terre d’adoption qui ne lui a apporté que du malheur. Il fera la rencontre des Shuars, un peuple d’autochtones vivant dans la forêt, qui lui apprit à chasser ou encore à guérir de certaines blessures. Très vite, le vieux apprendra leur langue et deviendra leur ambassadeur auprès des Blancs. Il faut dire qu’aux yeux de ces derniers, il ne s’agit que de sauvages, des voleurs et même des tueurs.
C’est donc sans surprise que lorsque deux Shuars amènent le corps sans vie d’un homme blond au village d’El Idilio, le maire les accuse de meurtre. Mais c’est sans compter Antonio José Bolivar qui fera remarquer que les lacérations présentes sur le cadavre n’ont rien d’humain. Il s’agit des griffes d’une panthère ! Un coup d’œil dans la sacoche du chasseur dévoile les faits. A l’intérieur se trouvent des peaux de petits félins. Inutilisables par leur taille, elles auront au moins provoqué la colère de leur mère qui risque de s’y reprendre à nouveau…

Alors qu’à la lecture de ce livre, j’étais recroquevillée dans le canapé, cachée sous un plaid pour affronter le froid d’hiver qui s’immisce doucement dans les maisons, Luis Sepúlveda a réussi en un rien de temps à me téléporter à l’autre bout du monde, dans un climat chaud et humide, tout sauf confortable… On plonge dans une nature grandiose, une forêt amazonienne immense où cohabitent les animaux et les Shuars. J’ai d’ailleurs été fascinée de découvrir leurs modes de vie et la symbiose qu’il existe entre eux.
Ce roman tire aussi le portrait de colons malintentionnés, des hommes qui veulent posséder mais qui ne respectent rien de ce qui les entoure au risque de blesser des animaux inoffensifs ou d’abîmer une nature jusque-là immaculée. Poussés par les idéaux des gouvernements, ils ne viennent avec en tête une seule raison : l’argent.
On fait donc face à deux extrêmes, entre la vie simple des autochtones vivant en harmonie avec les autres habitants de la forêt et la recherche de la gloire des chasseurs d’or et d’animaux.
Entre ces deux mondes diamétralement opposés se trouve Antonio José Bolivar. Lui qui préférerait fuir la stupidité de ses contemporains en se plongeant dans un bon roman d’amour, il se retrouve face à un dilemme : protéger les siens ou sauver la forêt amazonienne, son foyer d’adoption.

En plus d’attaquer les gouvernements contre leur politique du toujours plus, Luis Sepúlveda pose également les bases de l’écologie avec, en fond sonore, une sonnette d’alarme pour ce qui se passe en Amazonie. Nous sommes en 1992. Et là encore, je me dis à moi-même « Mais pourquoi On est toujours aussi lent à réagir ?? ».

N’hésitez plus à vous procurer ce bouquin si ce n’est pas déjà fait. Aussi petit soit-il, il regorge d’idées et amène à de nombreuses réflexions qui sont toujours d’actualité. Je suis d’ailleurs très contente de l’avoir redécouvert. Lu pour la première fois alors que je n’avais que 14 ans, je me rends compte qu’il est beaucoup plus complexe que ce dont je me souvenais, et que j’étais passée au-dessus de pas mal de choses au final… Une lecture bénéfique donc, qui m’a permis de recroiser le chemin d’Antonio José Bolivar, et rien que ça, ça en vaut la peine.

« Ce fut la découverte la plus importante de sa vie. Il savait lire. Il possédait l’antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire. Mais il n’avait rien à lire. » (pp. 55-56)

 

Challenge des Douze Thèmes : Novembre – Une relecture

Challenge Tour du Monde littéraire : Chili

Le vieux qui lisait des romans d’amour
Luis Sepúlveda (1949-)
Points 2003 – 121 pages
Première publication originale et en français en 1992 (Editions Métailié)
Titre original : Un viejo que leía novelas de amor
Traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero
ISBN 13 : 9782020239301
ISBN 10 : 2.02.023930.2

Péplum

Et si le Vésuve ne s’était pas réveillé en 79 avant Jésus-Christ, épargnant ainsi Pompéi ? Et si son éruption avait été provoquée ? C’est par cette théorie que le roman d’Amélie Nothomb commence…

Une jeune écrivaine belge dont les initiales sont A. N. (on se demande bien qui cela peut être…), fait part de sa théorie à un proche, la veille d’une opération. Le lendemain, ce n’est pas dans un hôpital qu’elle se réveille mais dans une pièce tout à fait inconnue. Ce n’est pas non plus en 1995 qu’elle se retrouve, mais plusieurs siècles plus tard, en 2580 !
Alors que son hibiscus attend son arrosage quotidien, la romancière fait la rencontre de Celsius. Cet homme du futur n’est autre que l’investigateur de son voyage dans le temps. Après les révélations faites la veille (ou il y a 6 siècles, tout est une question de point de vue), il se devait d’enlever A.N. de son époque afin que le secret de Pompéi reste à jamais un secret… Car oui, en effet, Pompéi n’a pas été dévasté par la lave de manière naturelle ! La nouvelle tombe, grave et étrange à la fois. Comment des personnes du XXVIe siècle ont-elles pu provoquer une éruption dans le passé ? Tant de questions chamboulent autant les pensées de la romancière kidnappée que celles du lecteur.
On découvre, on tire des conclusions, on apprend certains faits. Il faut dire qu’il s’en est passé des choses entre le XXe et XXVIe siècle, et pas que des bonnes…

Amélie Nothomb traite de nombreuses thématiques dans ce roman. La mémoire du passé y est très forte. Il est également question d’identité, de l’amour, de statuts sociaux, de la course à l’énergie, de critères de beauté, du bien-être animal, des décisions irrévocables prises par les Hommes aux bénéfices des uns et au malheur des autres. On découvre de nouvelles formes de discrimination, envers les Hommes, envers les femmes… Même les écrivains ne sont pas épargnés.
C’est dans un dialogue sans fin sous un ton incisif et provocateur, que nous découvrons ce futur peu enviable. Un futur qui est prêt à retourner le cours des choses pour son bon vouloir.
L’histoire comprend tous les ingrédients pour plaire mais j’aurai aimé que ces éléments soient étayés. Aussi, j’avoue que le fait que le roman soit écrit sous forme de dialogue du début à la fin, sans interruption m’a par moment tapé sur les nerfs… Ou alors c’est le personnage de Celsius, monsieur je-sais-tout imbu de sa personne qui m’horripilait ? Il y a de fortes chances, oui… !

Challenge Autour du monde, elles écrivent :
Un automne en Europe continentale et en Amérique du Sud – BELGIQUE

Challenge des Auteurs belges

Challenge Tour du Monde littéraire : Belgique

Péplum
Amélie Nothomb (1966-)
Le Livre de Poche 2005 – 154 pages
Première publication en 1996 (Albin Michel)
ISBN 13 : 9782253144892
ISBN 10 : 2-253-14489-4

Déjà lu du même auteur : Acide sulfurique, Antéchrista, Cosmétique de l’ennemi, Hygiène de l’assassin, Les catalinaires, Les combustibles, Mercure, Ni d’Eve ni d’Adam

Le Sous-Sol

Avez-vous, dans votre PAL, un livre dont vous n’avez jamais entendu parler, d’un auteur encore plus inconnu et qui attend impatiemment d’être découvert depuis des années ?
Si la réponse est oui, je vous conseille d’aller d’urgence faire face à votre bibliothèque, de retirer ce fameux livre et de lui donner la chance qu’il mérite car, ce livre, bien qu’il ne vous fasse pas plus d’effet que ça par son résumé ou sa couverture, pourrait bien se révéler être une perle ! En tout cas, c’est ce qui m’est arrivée quand, indécise, j’ai opté pour Le Sous-Sol de Bari Wood pour compléter le Challenge des Douze Thèmes.

 

Vous l’aurez donc compris, Le Sous-Sol est une très belle surprise. Il ne m’a pas fallu lire beaucoup de pages pour que je plonge dans l’histoire. La plume de l’écrivaine m’a vite rendue accro. Cela faisait bien longtemps que je n’avais plus lu un livre si vite !

Nous faisons la connaissance de Myra et de ses amis d’enfance avec lesquels elle forme le « club des huit ». Ils ont tous pour point commun d’être riches. Chacun possède une magnifique demeure. Certains ont une piscine au fond du jardin, d’autres collectionnent les objets anciens au point d’habiter dans ce qui ressemble plus à un musée qu’à une maison, et Myra a une cave… Une cave dont l’odeur nauséabonde l’empêche d’y faire quoi que ce soit. Elle décide alors de la réaménager en petit salon cosy. La fortune investie dans cette rénovation n’aura pourtant pas amélioré l’atmosphère régnant dans cette pièce. L’air a beau ne plus être chargé une odeur infecte, il y a quelque chose qui ne va pas dans cet endroit. Dès qu’on y met les pieds, des frissons se font rapidement ressentir et l’ascension de l’escalier vers la cuisine devient un objectif presque vital.
Mais d’où vient ce mal-être ? Myra mène sa petite enquête et découvre que, trois cents ans plus tôt, une femme avait été accusée de sorcellerie et pendue par les villageois. D’après ce que l’on raconte, son mari aurait ramené le corps sans vie de la défunte pour l’enterrer chez lui. Cette même maison où Myra et son mari vivent aujourd’hui…
Le fantôme de Goody Redman hante-t-il la maison ? C’est ce que Myra commence à penser, aussi incroyable que cela puisse paraître. Pire, ce fantôme semble avoir des pulsions meurtrières. Des proches de Myra, avec lesquels elle a eu une intercalation, sont retrouvés morts dans des circonstances très étranges… Que se passe-t-il à Fallsbridge, petite ville pourtant si calme ? Et comment arrêter le fantôme d’une femme assassinée il y a trois siècles ?

Bari Wood raconte cette histoire d’épouvante avec une écriture fluide. On va d’un personnage à l’autre, de Myra à Barbara, la décoratrice du sous-sol. Ou encore Reed, l’un de ses amis d’enfance aujourd’hui médecin. Je pensais être perdue entre tous les personnages mais rien de tel n’est arrivé. L’auteure utilise les mots qu’il faut, crée un suspens tout un long du roman parsemé de pics de stress et de scènes d’horreur qui me font déconseiller ce roman aux âmes sensibles.
Mais en cette période d’Halloween, vous oserez bien découvrir ce qu’il se cache au sous-sol, non ?

Challenge des Douze Thèmes :
octobre – un livre effrayant, où se croisent fantômes, vampires et autres spectres et revenants

Challenge Tour du monde littéraire : Etats-Unis

Le Sous-Sol
Bari Wood
France Loisirs 1999  – 405 pages
Première publication en anglais en 1995 (William Morrow, NY)
Première publication en français en 1999 (Presses de la Cité)
Titre original : The Basement
Traduit de l’anglais par Thierry Arson
ISBN : 2-7441-3092-3

L’invisible

Besoin d’un thriller ? Je vous conseille ce roman aux pages sanglantes à souhait !

Cela faisait un petit temps que je ne m’étais pas plongée dans un polar et je ne regrette pas d’avoir donné sa chance à ce monsieur Robert Pobi, auteur canadien dont je n’avais jamais entendu parler (et oui, impossible de connaître tout le monde !).

Le héros de l’histoire n’est autre qu’un agent du FBI ultra talentueux.  Trouver un meurtrier, sa manière de faire et son motif… tout ça, il le fait les doigts dans le nez. Jake Cole est donc un personnage assez intrigant, de par sa mémoire photographique impressionnante mais aussi par son look (son corps est recouvert de tatouages). En revenant à Long Island après une trentaine d’années sans y avoir mis les pieds, il ne pensait pas que son boulot le rattraperait si vite… En effet, à peine est-il venu rendre visite à son père, un artiste peintre reconnu et à la folie naissante, qu’un double homicide a été commis dans une maison de vacances. Dépassé par les événements, le shérif de Montauk fait appel aux services de Jake Cole pour élucider ce meurtre horrible. Le spectacle est à vomir : une mère et son fils ont été dépecés vivants au millimètre près. Aucun morceau de peau ne subsiste sur leur corps décharné. Une scène de crime macabre qui n’est que la première… Qui peut faire une chose pareille ? Qu’a pu faire un enfant pour mériter un si cruel destin ? Les questions se succèdent et la pression monte. Il faut faire vite. Car en plus d’avoir un tueur en série dans la ville, cette dernière risque de disparaitre au passage d’un ouragan dont Katrina se montrerait jalouse à tous les coups.

Pour un premier roman, je l’ai trouvé excellent ! Le petit mot en bas de la couverture m’avait un peu mise sur mes gardes au début : « Le meilleur thriller depuis Les Visages ». Oui mais, problème, c’est que je m’étais ennuyée avec le roman de Jesse Kellerman… Au final, j’ai été agréablement surprise et j’ai été de suite happée dans l’histoire du début à la fin. Mise à part le point commun avec la peinture, ces deux romans n’ont, à mes yeux, rien en commun. Robert Pobi m’a désarçonnée. J’avais des doutes sur l’identité du tueur, sans vraiment vouloir y croire et regarder les indices en face. Le coup de théâtre dans les 20 dernières pages n’a donc qu’amplifié ma surprise. C’est le genre de roman qui nous oppresse et dont le suspense est omniprésent. Le genre de roman que je vous conseille de lire si vous êtes fan des thrillers.

« (…) notre esprit n’est pas conçu pour oublier, mais pour ignorer. »
(p. 50)

Challenge Tour du monde littéraire : Canada

Mini Bingo – Spécial Voyage : Amérique

L’invisible
Robert Pobi
Points 2013 – 477 pages
Première publication au Canada en 2011
Première publication en France en 2012 (Sonatine)
Titre original : Bloodman
Traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau
ISBN : 978-2757826959

Le Joueur d’échecs

Dans ce petit livre d’à peine 100 pages, nous suivons un homme dont le nom et toute autre information le concernant nous sont inconnus, si ce n’est sa grande curiosité. Près à embarquer dans un navire le conduisant de New York à Buenos Aires, en Argentine, le narrateur apprend que le champion du monde aux échecs fait également partie de l’équipage. Mais ce personnage laissera vite sa place à un second, énigmatique, qui dévoilera ses sombres secrets et une folie endormie…

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de Stefan Zweig. C’est la deuxième fois que je le lis, et la deuxième fois que je tombe sous son charme. J’avais peur de tomber sur quelque chose de barbant comme ce fût le cas avec la nouvelle « Un Combat » de Patrick Süskind. Mais aucune comparaison n’est à faire entre ces deux textes si ce n’est leur thématique commune autour des jeux d’échecs. Ici, l’auteur nous tient en haleine. Dans une première partie, nous découvrons l’histoire du champion du monde aux échecs. On se tourne ensuite vers un autre homme tout aussi doué aux échecs. Ces deux personnages au caractère opposé et au parcours de vie bien différente se feront face dans un combat d’échecs redoutable. Au final, le narrateur est rallié au second plan. Il n’est que spectateur de ce qui l’entoure, chose que j’ai rarement pu remarquer dans mes lectures passées.

Cette nouvelle se lit très vite, raison de plus pour que vous vous y plongiez si ce n’est pas déjà fait.

Challenge Tour du monde littéraire : Autriche

Mini Bingo – Spécial Voyage : Lire ailleurs que chez soi

Le joueur d’échecs
Stefan Zweig (1881-1942)
Le Livre de Poche 2005 – 95 pages
Première publication en 1943, et en 1944 en français
Titre original : Schachnovelle
Traduction révisée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent
ISBN : 978-2253057840

Déjà lu du même auteur : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme